Des termes relatifs aux actifs numériques bénéficient désormais d'une traduction officielle.

La coïncidence est presque amusante. Alors que le Bitcoin bat record sur record depuis quelques semaines, entraînant d’ailleurs dans son sillage plusieurs autres actifs dont le cours a bondi, la commission d’enrichissement de la langue française a fait publier le 15 janvier 2021 une nouvelle liste de termes, expressions et définitions concernant les actifs numériques.

Au menu, on trouve « digital asset », « token » et « distributed ledger », traduits par « actif numérique » , « jeton » et « registre partagé ». Jusque-là, rien que du très classique. Des définitions sont fournies. Par exemple, le registre partagé est l’ « ensemble des données qui sont enregistrées par un dispositif d’enregistrement électronique partagé et conservées par les participants à l’enregistrement ».

Bitcoin Chart
Le cours du Bitcoin peut se suivre comme un cours boursier. // Source : Jim Makos

Offre au public de cyberjetons

Plus original, l’« initial coin offering » (ICO), qui est une « émission de cyberjetons qui a pour but de financer un projet ou une organisation » rappelle la commission, se dira en français « offre au public de cyberjetons ». L’expression ICO se rapproche de l’expression anglaise IPO (pour initial public offering), qui est mentionnée lorsqu’une entreprise fait son entrée en bourse.

Les autres termes bénéficiant d’une traduction au Journal officiel sont les « digital asset management », « distributed ledger technology » et « smart contract », qui deviennent « gestion des actifs numériques », « dispositif d’enregistrement électronique partagé » et « automate exécuteur de clauses » dans la langue de Molière. Les variantes de ces expressions et leur définition figurent au Journal officiel.

La commission intervient régulièrement pour adapter en français des mots ou expressions d’autres langues qui s’imposent dans le langage courant. Le numérique n’est évidemment pas le seul domaine concerné, mais celui-ci reçoit régulièrement l’attention de l’instance au regard de son importance dans la vie quotidienne et de l’influence de la tech anglophone sur le reste du monde.

En 2020 par exemple, la commission s’est penchée sur certaines notions du monde des télécoms, comme le trafic gratuit et le géo-blocage. Elle a aussi proposé vidéotox au sujet des deepfakes et fourni ses propositions dans le champ lexical de la défense, qu’il s’agisse de la cyberguerre ou de la recherche rémunérée de failles de sécurité informatique (les fameux bug bounties).

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