Auditionné par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Xavier Niel, le fondateur de Free, a appelé à ne pas craindre la 5G.

C’est officiellement aujourd’hui, mercredi 18 novembre, que la 5G est officiellement lancée. Pour autant, l’allumage effectif des réseaux télécoms ne surviendra que plus tard, pour des raisons à la fois réglementaires et concurrentielles. En attendant que la compétition entre opérateurs ne démarre, avec notamment la présentation de tous les forfaits 5G, Xavier Niel a appelé les Français et les Françaises à ne pas avoir peur.

« La 5G ne doit pas faire peur », a lancé le fondateur de Free, alors qu’il était auditionné le 17 novembre par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale en tant que président du conseil d’administration d’Iliad. «  C’est une formidable opportunité pour construire une société plus sobre, plus efficace, avec une gestion de la ville améliorée », a-t-il déclaré lors de son propos introductif.

Reynaud Niel Lombardini
Oh, le discret placement de produit. // Source : Assemblée nationale

Accompagné de Maxime Lombardini, vice-président du conseil d’administration, et de Thomas Renayd, le directeur général d’Iliad (la maison-mère de Free et de Free Mobile), l’entrepreneur a énuméré quelques secteurs dans lesquels la 5G sera révolutionnaire, grâce à des débits plus élevés et une latence réduite : trafic, logistique, gestion des déchets, sécurité, télémédecine, usines, zones industrielles, ports…

Son propos fait écho à la réticence affichée d’une partie de la population, mais aussi chez certains élus, notamment à gauche, à l’égard de l’ultra haut débit mobile. Mi-octobre, la ville de Lille a même voté un moratoire sur la 5G, déclenchant les critiques de Cédric O, le secrétaire d’État en charge du numérique, qui a souligné que nombre de justifications avancées pour freiner la 5G ne sont pas fondées.

Plusieurs élus souhaitent en effet attendre jusqu’à la publication du rapport de l’Anses, qui doit survenir en 2021. Mais pour Cédric O, il est hautement improbable que l’Anses pointe la nocivité sur la santé humaine des ondes utilisées pour la 5G, dans la mesure où celle-ci n’a jamais été prouvée malgré 70 ans d’études sur le sujet des ondes en France et dans le mode par diverses agences sanitaires.

L’aspect sanitaire n’est toutefois pas la seule crainte qui existe, pour ces élus qui contestent. D’autres problématiques sont également soulevées : l’impact écologique, la sobriété numérique, le piratage des réseaux et des objets connectés, la surveillance de masse, l’espionnage, la pertinence de certains nouveaux usages, les inquiétudes d’une dérive de la société connectée et même le sens à donner à cette innovation.

Arcep Usages 5G
Les usages de la 5G relevés par le régulateur des télécoms. Mais dans l’opinion publique, d’autres utilisations plus discutables inquiètent. // Source : Arcep

Crainte pour l’attractivité de la France

Xavier Niel ne s’est pas attardé sur ces différents sujets. Il a plutôt considéré qu’il « serait dommage en France d’avoir les meilleurs réseaux fixes, avec la fibre optique, et d’être le dernier européen sur le mobile en refusant le marché de la 5G ». L’intéressé a souligné qu’à ses yeux, l’Hexagone était parmi le peloton de tête européen en ce qui concerne les débits des offres en fibre optique.

L’homme d’affaires a aussi mis en garde sur l’image de la France à l’international et de ce que tout retard dans le déploiement de l’ultra haut débit mobile pourrait occasionner au niveau économique.. « C’est aussi une image, une perception de la France, au-delà de nos frontières, qui pourrait réduire ou nous faire perdre un certain nombre d’investissements […] une part de notre attractivité  ».

Pour Xavier Niel, la France « était devenue une destination principale des investisseurs » avant la crise du coronavirus, louant l’action de l’actuel président  de la République, mais aussi de son prédécesseur, à travers des actions  comme le sommet de l’attractivité « Choose France ». « Je pense qu’il est extrêmement important de ne pas perdre des points à cause de sujets comme la 5G », a-t-il insisté.

« Il est extrêmement important de ne pas perdre des points à cause de sujets comme la 5G  »

Dans la course à la 5G, Free va dépenser plus de 608 millions d’euros pour le paiement des licences, qui sont accordées pour une durée de base de quinze ans, avec la possibilité de la prolonger de cinq ans de plus, sous conditions — un étalement des dépenses est prévu, de façon à ne pas trop essorer les opérateurs et leur permettre de garder des moyens pour investir dans la construction du réseau lui-même.

Free reste aujourd’hui très discret sur sa stratégie dans l’ultra haut débit mobile. S’il vend déjà des smartphones compatibles 5G sur sa boutique, il n’a pas encore dévoilé sa grille tarifaire — Thomas Reynaud a suggéré que les abonnements seront présentés vers Noël. Il est aussi envisagé une coopération poussée avec Orange, voire une mutualisation, sur un modèle semblable à l’alliance entre SFR et Bouygues Télécom.

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