Dans une audition à la commission des lois, Cédric O a défendu l'efficacité de StopCovid. Le secrétaire d'État chargé du Numérique affirme que l'application marche « suffisamment bien » pour justifier son utilisation.

« L’application fonctionne très correctement » ; « Elle capte les personnes à proximité de manière très satisfaisante » ; « ça marche plutôt bien »… Auditionné par la commission des lois de l’Assemblée nationale le 26 mai, le secrétaire d’État Cédric O a défendu une dernière fois l’application StopCovid avant le débat et le vote du 27 mai à l’Assemblée. Inflexible dans ses propos sur l’utilité de l’app, il a été plus prudent sur l’efficacité relative du suivi de contact par Bluetooth.

Ce choix technologique partagé par l’ensemble des apps de contact tracing destinées à limiter la pandémie Covid-19 a plusieurs avantages, notamment en termes de protection de la vie privée. Mais le Bluetooth a un gros défaut : il manque de précision dans les mesures de distance, un critère pourtant essentiel pour déterminer si un individu a été à proximité d’une personne atteinte de la Covid-19.

Smartphone Android // Source : Louise Audry pour Numerama

Le secrétaire d’État tente donc de rassurer les députés : « [Les tests] montrent, grosso modo, que nous captons entre 75 et 80 % des gens à proximité, soit à moins d’un mètre », précise-t-il, avant d’ajouter un détail sur l’imprécision de la mesure, « nous disons un mètre, mais avec le Bluetooth, ce sera peut-être 80 centimètres ou 1 mètre 20. »

Pour rappel, tout utilisateur de StopCovid étant resté pendant plus de 15 minutes à moins d’un mètre d’un autre utilisateur déclaré positif au Covid-19 recevra une notification. Il sera invité à se mettre en quarantaine, à prendre contact avec son médecin et à se faire tester. La mesure a donc une grande importance.

Une précision relative, mais « suffisante » pour le ministre

Cédric O a donné plusieurs indications sur la phase de test de l’app d’une dizaine de jours qui a mené à ces résultats. StopCovid a été testée sur les 100 smartphones les plus utilisés, de 17 marques différentes, sur différentes versions d’iOS et d’Android, et à des niveaux de batterie différents. Les développeurs de l’Inria ont utilisé leur app en intérieur et en extérieur en reproduisant des phénomènes de foule. Ils ont aussi testé son usage dans le métro, un des potentiels foyers de contaminations que voudrait contenir le gouvernement.

Bilan : « L’application marche suffisamment bien pour qu’on estime que la conséquence d’une notification soit que vous êtes un cas contact, et que vous allez avoir le droit à un arrêt de travail et à un test », précise Cédric O. La relative imprécision de la mesure de proximité, et sa fiabilité à 80 % (qui résulterait donc à 1 faux négatif sur 5), ne suffit donc pas à décourager le membre du gouvernement. Mais il affirme qu’elle pourrait se réduire dans les mois à venir : « Nous allons continuer à améliorer les algorithmes de classification (qui définissent qui se trouve à proximité, ndlr), c’est un travail à l’échelle mondiale. »

Il n’a pas donné plus de précision sur le fonctionnement de l’app sur les iPhone, qui bloquent le Bluetooth en tâche de fonds, ce qui pourrait grandement réduire l’usage de StopCovid par une bonne partie de la population. Le secrétaire d’État espère que l’application fasse partie du plan qui accompagnera la deuxième phase du déconfinement le 2 juin.

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