La décision de Canal+ de faire un geste à ses abonnés ainsi qu'au reste de la population ne fait pas que des heureux. Des chaînes concurrentes comme des ayants droit sont montés au créneau.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) observe avec circonspection à l’initiative de Canal+ de passer en clair et de laisser ses abonnés à accéder à toutes les chaînes. Selon une information de la revue La Correspondance de la presse, que relaie le compte Twitter Destination Ciné, le gendarme de l’audiovisuel entend qu’elle ne dure pas, avec un arrêt au plus tard le 31 mars.

Rappel des faits. Le 16 mars, Maxime Saada, le président de la chaîne cryptée, publie sur son compte Twitter un message dans lequel il annonce l’accès à toutes les chaînes de son groupe (cinéma, séries, jeunesse et documentaires) et cela jusqu’au 15 avril. La décision est survenue quelques heures avant la déclaration attendue d’Emmanuel Macron sur un confinement généralisé de la population.

Mais pour le CSA, il faut que l’opération reste limitée dans le temps. D’après nos confrères, Canal+ doit d’ailleurs repasser ses chaînes en crypté dès ce soir, le vendredi 20 mars, pour les abonnés à qui elles avaient été offertes sans compensation financière. Quant à la diffusion gratuite de la chaîne principale, elle est censée s’achever le 31 mars — et non plus le 15 avril, comme prévu au départ. Le 31 mars correspond grosso modo à la fin de la première période de confinement de 15 jours, qui devrait être prolongée.

Le logo Canal+ en bleu blanc rouge // Source : Twitter/maxsaada

TF1 et M6 impliqués

« L’opération que Canal+ a lancée ne peut être que limitée dans la durée car elle est de nature à altérer l’équilibre entre les chaînes payantes et les chaînes gratuites. Elle est de nature à remettre en cause la chronologie des médias et elle pose des questions vis-à-vis des autres diffuseurs et des ayants droit. », déclare le président du CSA, qui tient à rappeler les règles du jeu, tout en ajoutant faire preuve de compréhension.

Contacté par Numerama, le CSA confirme l’entretien et le contenu de l’article publié dans le magazine. Le gendarme de l’audiovisuel a effectivement adressé un courrier à Canal+ et pris acte de sa décision en début de semaine.

Bien que se disant « compréhensif » et disposé « à accompagner » les chaînes dans d’éventuelles initiatives, le Conseil supérieur de l’audiovisuel déclare qu’il faut les limiter dans le temps. Le CSA insiste toutefois sur le fait qu’il n’a pas directement contraint Canal+ de limiter son initiatives dates mentionnées précédemment. C’est la chaîne cryptée qui d’elle-même a pris la décision de faire ce rabotage.

La situation épidémique mondiale, et notamment en France et en Europe, provoque un très grand chambardement dans le domaine de l’audiovisuel.

Par exemple, Netflix et YouTube ont pris la décision de baisser par défaut la qualité de leur flux, pour ne pas engorger les réseaux. Les studios reportent plusieurs films et séries et le gouvernement est d’accord pour assouplir un peu la chronologie des médias pour sauver les films qui ont eu le malheur de sortir au moment où toutes les salles ont dû fermer pour éviter la propagation du Covid-19.

(mise à jour avec des précisions du CSA)

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