La startup Lime annonce à ses utilisateurs qu'ils devront obligatoirement garer les trottinettes sur des places délimitées à Paris, ce qui tend à retirer les avantages de « free floating » de ce mode de transport.

L’époque où les trottinettes en libre-service envahissaient les rues de la capitale commence à être bien lointaine. Lime, l’un des plus gros acteurs sur le marché, vient d’envoyer un mail à ses utilisateurs pour les prévenir qu’ils devraient, à compter du 28 octobre 2019, obligatoirement stationner leur deux-roues dans des places spécifiquement délimitées.

« Vous trouverez dans votre application Lime des nouvelles places de stationnement correspondant à celles autorisées par la mairie : places de stationnement pour voiture et places de stationnement pour deux roues motrices », écrit la startup au logo vert. Il n’y aura pas d’alternative possible : si votre trottinette est géolocalisée en-dehors de ces zones, « vous ne serez pas en mesure de terminer votre trajet », assène Lime.

Des trottinettes Lime sur le trottoir à Paris // Source : Marie Turcan pour Numerama

Si vous choisissez tout de même d’abandonner le véhicule à un autre endroit, il y aura deux conséquences :

  • Vous continuerez à être débité (car la course ne sera pas officiellement terminée)
  • Si la trottinette électrique est enlevée par la fourrière, vous devrez payer l’amende

Les startups de trottinettes électriques rentrent dans le rang

Cela fait des mois que la mairie de Paris a entamé sa réponse graduée contre l’assaut des startups de partage de trottinettes électriques dans la ville. À l’été 2018, plusieurs entreprises comme Bird et Lime se sont implantées, sans avoir forcément réfléchi à l’impact sur l’urbanisme — que ce soit en termes de dangerosité de conduite ou de stationnements abusifs sur les trottoirs.

Après quelques mois de laisser-aller, le gouvernement et les mairies des grandes villes ont commencé à répondre. Paris a annoncé une série de mesures le 6 juin dernier, qui comportaient notamment l’interdiction de stationner sur les trottoirs ainsi que la limite de vitesse des trottinettes à 20km/h. Certaines entreprises se sont peu à peu retirées du marché, tandis que d’autres restent, dans l’espoir de faire partie des « deux ou trois » startups qui seront sélectionnées par Paris pour avoir officiellement le droit de s’implanter durablement dans la capitale.

Évidemment, on ne peut qu’observer ce revirement de position avec une pointe d’ironie : le principe du free floating, qui est à l’origine de son succès, est de pouvoir déposer et récupérer un appareil n’importe où. C’est ce qui différencie les vélos JUMP (sans borne) des Vélib (avec bornes), par exemple. Or si les trottinettes électriques doivent être déposées dans des zones limitées, cela rajoute forcément une contrainte à l’expérience proposée aux consommateurs — tandis que cela améliore nettement la qualité de vie des piétons. Reste à voir comment les utilisateurs réagiront à ces nouvelles contraintes.

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