L'entreprise américaine Astrobotic a signé un contrat avec une société de lancements spatiaux. L'alunissage se précise donc pour 2021 et pourrait être historique.

Si la Lune est au centre de l’attention des agences spatiales depuis l’annonce du programme Artémis de la Nasa, les entreprises privées ne sont pas en reste. La startup américaine Astrobotic veut faire décoller son atterrisseur lunaire d’ici 2021. Ce projet se concrétise plus que jamais après l’annonce, ce 19 août 2019, d’un contrat avec United Launch Alliance (ULA).

L’ambition d’Astrobotic est de forger une société de transport lunaire. L’entreprise a donc développé un petit vaisseau spatial, Peregrine, non pas dédié aux vols habités, mais à la livraison de charges utiles. De son côté, ULA est spécialisée dans les lancements spatiaux. C’est à bord de sa nouvelle fusée Vulcan Centaur que Peregrine va décoller. Ce sera alors historique à un double niveau : le tout premier véhicule spatial de nature privée à alunir ; mais aussi le premier engin 100 % américain à fouler la surface lunaire depuis plus de 50 ans.

Illustration : l’atterrisseur lunaire Peregrine sur la surface de la Lune. // Source : Astrobotic

Une boîte aux lettres vers la Lune

Dans son manifeste, Astrobotic annonce vouloir «  rendre la Lune accessible au monde ». Sa mission : transporter des charges sur la Lune pour les gouvernements, les entreprises, les universités, les associations et les individus. Une version spatiale de La Poste, en somme.

La startup a d’ores et déjà ouvert une plateforme sur son site internet pour simuler la commande de livraisons (à des centaines de milliers ou quelques millions de dollars). Elle a également noué un partenariat avec la société postale allemande DHL afin de proposer des « MoonBox », des petites boîtes pour envoyer des objets souvenirs sur la Lune lors des futures missions. Le vaisseau Peregrine pourra supporter une charge totale de 90 kg et fera 1,9 mètres de hauteur pour 2,5 mètres de long.

L’entreprise United Launch Alliance s’est quant à elle imposée depuis longtemps dans les lancements spatiaux. En plus de l’envoi de satellites de télécommunication, ULA a lancé la sonde solaire Solar Parker Probe en 2018 depuis son lanceur lourd Delta IV Heavy. En revanche, la fusée Vulcan Centaur est encore en développement et effectuera son tout premier vol en envoyant Peregrine sur la Lune en 2021.

«  Quand nous lancerons depuis le sol américain le premier atterrisseur lunaire depuis Apollo, à bord de la première fusée Vulcan Centaur, ce sera un jour historique pour le pays et pour le secteur privé », se réjouit John Thornton, directeur d’Astrobotic.

Modélisation de la future fusée Vulcan Centaur de l’entreprise ULA. // Source : ULA / Capture Youtube

L’essor du privé dans la conquête lunaire

Le secteur privé spatial, ou NewSpace, est plus que jamais dans la course de la conquête spatiale. Comme pour les agences nationales, la Lune est en ligne de mire. Mais il n’est pas question d’une compétition entre secteur privé et secteur public, l’heure est plutôt à la collaboration. Dans le cadre de son programme Artémis, la Nasa a créé l’initiative Commercial Lunar Payload Services : une série de contrats avec des entreprises privées, auxquelles l’agence va sous-traiter les cargos de transport lunaire.

Astrobotic a été nommée par la Nasa pour rejoindre cette initiative, et la mission prévue en 2021 en fera partie. L’entreprise a reçu une prime de 79,5 millions de dollars pour assurer le transport de 14 charges sur la Lune. Ces charges sont destinées à être utilisées pour les 12 projets scientifiques qui seront menées sur la Lune. Rappelons que cette nouvelle phase d’exploration doit se traduire par le retour d’astronautes sur la surface lunaire d’ici 2024.

Pour savoir pourquoi l’humanité n’est pas retournée sur la Lune depuis 1972, n’hésitez pas à regarder notre reportage :

Crédit photo de la une : Astrobotic

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