Les célébrations du 14 juillet 2019 étaient marquées par volonté du gouvernement de s'afficher comme une armée du futur. De nombreux robots se sont donc invités au défilé.

La fête nationale de ce 14 juillet 2019 a pris des tournants futuristes. Des exosquelettes et des robots sous forme de rovers ou de drones sont donc venus accompagner l’armée, lors du défilé. Cette démonstration était orchestrée par l’Agence de l’innovation de défense, créée en 2018 par une inscription dans la Loi de programmation militaire de Florence Parly.

Le but de cette agence : adapter l’armée aux nouvelles technologies pour être à l’avant-garde de la défense. « L’innovation est un facteur de notre supériorité et notre compétitivité. Elle est donc aujourd’hui une priorité pour le ministère des Armées », précise le site officiel.

Le Black Hornet est un // Source : FLIR

Tour d’horizon des robots du 14 juillet

Le défilé du 14 juillet était l’occasion de revoir le robot Colossus. Il avait déjà fait parler de lui il y a quelques mois, en assistant les Pompiers de Paris lors de l’incendie de Notre-Dame. Il est équipé d’un canon à eau et d’un appareil photo (avec zoom x30). Afin de limiter les risques humains, il aide donc les équipes à repérer l’état des lieux et à se faire un chemin.

L’un des atouts de ce robot made in France, développé par Shark Robotics, réside dans sa maniabilité : pilotable jusqu’à 300 mètres de distance, il peut monter des escaliers et franchir des obstacles de 30 cm. Colossus porte bien son nom : il pèse 500 kg pour 1,60 mètres de long, et il peut porter avec lui jusqu’à 1 tonne de matériel.

Le robot Colossus vient en aide aux pompiers dans les zones dont le danger est trop élevé pour les humains. // Source : Shark Robotics

En total contraste, Black Hornet est quant à lui un micro-drone. Il pèse seulement 33 grammes pour 16 centimètres. Sa vitesse est de 5 mètres par seconde, et cela en étant « quasiment silencieux ». Son rôle est d’être un « outil de perception de la situation » : il peut transmettre des photos ou des vidéos en direct et en haute définition.

La technologie Stamina fait également partie de cette démonstration d’innovations robotiques. Elle rend totalement autonome le robot sur lequel elle est installée. Il peut se repérer sans GPS, simplement par l’image, grâce à sa caméra embarqué. Il est donc censé pouvoir suivre son itinéraire quoi qu’il arrive, sur tout type de terrain, en marche avant ou arrière. L’absence d’un système GPS permet d’éviter que le robot soit perturbé en cas de brouillage des signaux.

On a pu également voir un drone grand public Mavic de l’entreprise chinoise DJI. Celui que l’on retrouve dans les rayons de la Fnac a visiblement été personnalisé par l’armée française pour des missions de reconnaissance. Plusieurs autres engins à chenilles complétaient l’arsenal, tous pensés pour allonger la visibilité des soldats grâce à des caméras.

L’armée du futur

Lors des célébrations de ce 14 juillet 2019, il est clair que le gouvernement français voulait montrer une image de puissance en s’affichant comme une armée du futur.

Et il faut dire que le coup de communication est plutôt réussi. Le public présent et les internautes n’ont pas manqué d’être impressionnés par la présence d’un « homme volant ». Installé sur un engin entre jetpack et overboard, l’inventeur, homme d’affaires et sportif Franky Zapata déguisé en soldat a ainsi survolé la Concorde.

Emmanuel Macron en a profité, lors de son traditionnel discours aux armées, pour annoncer la création d’un commandement de l’espace. En septembre, l’armée de l’air sera transformée en « armée de l’air et de l’espace ». Précisons à ce sujet qu’il ne s’agit pas d’une space force similaire à celle voulue par Donald Trump, car ce commandement est un renforcement des opérations spatiale de l’armée de l’air, et non la création d’un nouveau corps indépendant.

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