Synchroniser les feux de vélos pour les rendre plus visibles sur la route ? Des membres du MIT y travaillent : ils ont mis au point un programme permettant aux lumière des bicyclettes de se coordonner.

Sur la voie publique, il est absolument impératif d’être vu par les autres usagers de la route. C’est d’autant plus vrai quand on circule à vélo, notamment la nuit, parce que les deux roues n’ont aucune protection permettant d’amoindrir un choc avec un véhicule. En somme, ce peut être littéralement une question de vie ou de mort.

Aujourd’hui, la visibilité des cyclistes passe par les feux de vélo à l’avant et à l’arrière, les vêtements réfléchissants que l’on porte sur soi et les réflecteurs positionnés sur les rayons des roues, de manière à être repérable depuis les côtés, là où la lumière feux de vélo ne porte pas (ou en tout cas, pas suffisamment).

Mais à l’avenir, la visibilité des cyclistes pourrait aussi fonctionner en réseau, grâce à des bicyclettes capables de se connecter entre elles dès qu’elles sont à portée de signal. C’est ce sur quoi travaille Alex Berke, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), dans le cadre de travaux sur la ville intelligente.

vélo lumière bicyclette
Les vélos ont été testés en ville. // Source : MIT Media Lab

Mieux se faire voir

Son projet, qui a été présenté au public en juin, consiste tout bêtement à synchroniser les feux de vélo lorsque plusieurs bicyclettes sont à proximité les unes des autres, que les cyclistes se connaissent ou non. Une fois la coordination établie, l’intensité de la lumière varie selon un cycle précis et régulier, de façon à les distinguer facilement de décor et des autres véhicules, avec une lumière à l’intensité constante.

Autre particularité du projet : la variation des feux ne démarre qu’en présence d’au moins deux vélos. Lorsque la bicyclette est utilisée seule, la lumière reste stable. Le projet, qui mobilise deux autres membres du MIT, ne précise pas la portée à partir de laquelle la synchronisation se fait. La vidéo de démonstration semble indiquer qu’il faut être assez proche — quelques mètres — et que quelques secondes d’attente doivent être observées avant que le bon rythme ne soit pris.

C’est l’univers des insectes qui a été une source d’inspiration pour ce projet. Les cigales sont connues pour striduler ensemble, essentiellement à des fins de communication. Les lucioles quant à elles clignotent de manière synchronisée. Cela permet par exemple aux femelles de certaines espèces de repérer les bons mâles avec qui s’accoupler. Visibilité et communication : ce sont aussi ces deux critères qui figurent donc au cœur du projet d’Alex Berke et de ses collègues.

Un feu de vélo arrière, de marque Cowboy. // Source : Léa Hamadi pour Numerama

Des vélos et au-delà

Pour les concepteurs du projet, ce type de fonctionnalité pourrait tout à fait convenir aux flottes de vélos qui sont déployées dans les villes. L’algorithme de synchronisation étant open source, une certaine interopérabilité entre plusieurs services de vélo en libre service peut même être envisagée. Et bien sûr, les vélos appartenant à des cyclistes pourraient eux aussi s’insérer dans ce programme.

Autre avantage, le projet parait facilement transposable à d’autres modes de déplacement doux : on pense évidemment aux trottinettes, mais aussi aux skateboards, aux gyroroues et aux gyropodes. En poussant le concept encore plus loin, tous ces moyens de circulation pourraient être ensuite synchronisés les uns les autres. Mais pour l’heure, le dispositif n’a été testé qu’avec des vélos.

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