En mai 2018, la mairie de Londres a lancé un nouveau projet pour rétribuer les artistes de rue. Certains d'entre eux sont désormais équipés d'un terminal de paiement sans contact, fourni par la startup iZettle, et utilisable par les passants.

Depuis quelques semaines, les passants londoniens assistent à un spectacle qui change de l’ordinaire, dans les rues de la capitale britannique. Le week-end du 26 mai 2018, Londres a lancé un nouveau service qui permet de rétribuer les artistes qui se produisent dans la rue ou le métro, à l’aide de terminaux de paiement sans contact.

Pour accompagner cette initiative, le maire de Londres Sadiq Khan a sollicité une entreprise suédoise, iZettle, une pépite qui a été rachetée le 18 mai 2018 par PayPal pour l’importante somme de 2,2 milliards de dollars. Depuis la création de l’entreprise en 2010, elle développe divers services et terminaux de paiement.

À l’origine, un outil pour les entreprises

iZettle

« Des centaines de milliers de petites entreprises à travers l’Europe utilisent la plateforme iZettle pour accéder à des outils financiers qui leur permettent d’être payés, de vendre plus intelligemment et de développer leur activité », nous explique Edward Hallet, directeur du développement commercial d’iZettle.

Fondée à Stockholm, la startup est née avec l’ambition d’aider les petites entreprises en premier lieu. Son premier produit, conçu par le fondateur Jacob de Geer, était un petit lecteur de cartes à puce. « Depuis, les outils d’iZettle ont évolué, y compris son Reader, qui est sans contact depuis 2015. De plus en plus de personnes utilisent le paiement sans contact pour payer leur produits, et nous nous sommes assurés que nos terminaux puissent traiter des paiements faits en espèces, en carte, avec des mobiles ou des appareils connectés », poursuit notre interlocuteur.

Le lien entre iZettle et le maire de Londres s’est fait sous l’égide de Busk In London, une initiative pour encourager les artistes qui se produisent dans la rue — soutenue par la mairie londonienne. « Leurs musiciens de rue ont remarqué que de moins en moins de gens transportaient du liquide avec eux, alors ils ont pris contact avec nous », nous raconte Edward Hallet.

Pour l’heure, la mise en place du paiement sans contact pour les artistes de rue en est encore à ses balbutiements. « Charlotte Campbell est l’une des artistes qui a commencé à utiliser la fonctionnalité des paiements répétés d’iZettle, qui permet aux personnes de fixer un montant et d’accepter des contributions en continu, et elle a déjà remarqué une augmentation dans ses revenus », fait observer le représentant de la startup.

Un montant choisi par l’artiste

L’artiste qui souhaite utiliser le lecteur d’iZettle fixe le montant des dons qu’il ou elle souhaite recevoir. Les passants peuvent ensuite présenter leur carte de paiement vers le terminal de paiement, et contribuer sans que cela n’interrompe la prestation artistique. De son côté, iZettle prend une commission sur les transactions effectuées, de l’ordre de 1,75 % du montant total.

iZettle

 

Après une phase de test réalisée avec Busk In London, iZettle et la mairie de Londres ont lancé le dispositif officiellement. « Maintenant, notre objectif est d’ouvrir cette fonctionnalité à d’autres vendeurs — comme des organisations caritatives et des ONG — mais notre souhait est qu’elle soit pertinente pour tout type de commerce, comme dans les festivals ou les musées », anticipe Edward Hallet.

Développer le paiement sans contact dans les festivals ou musées

L’entreprise estime enfin que ce nouvel outil pourrait davantage inciter les passants à rétribuer les artistes de rue. « Les paiements sans contact sont déjà largement utilisés au Royaume-Uni, poursuit notre interviewé. 70 % des paiements d’iZettle au Royaume-Uni sont sans contact. »

À l’heure où certaines marques nourrissent des ambitions « fintech » parfois déroutantes — par exemple, transformer des objets connectés en cartes de paiement –, l’idée de rétribuer des artistes de rue grâce au paiement sans contact semble judicieuse.

L’initiative pourrait-elle inspirer un projet similaire dans l’hexagone ? Sollicitée par nos soins, la RATP (Régie autonome des transports parisiens) s’est montrée intéressée par l’initiative londonienne. « Pour l’instant, rien de semblable dans le métro parisien », nous a indiqué le service de presse du groupe.

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