Lassé de voir des accidents, mortels ou non, ternir l'image de son Autopilote, Tesla va commencer à prouver, par des chiffres, que sa technologie est sûre.

Tesla ne cesse de répéter que l’Autopilote de ses voitures n’est pas de la conduite autonome et que sa technologie opère plutôt en qualité de super assistance nécessitant un comportement responsable du conducteur (exemple : garder les mains sur le volant). Ce qui n’empêche pas certains de faire les zinzins pour tester les limites du système — comme se mettre sur le siège passager après l’avoir activé — ou d’autres, malheureusement, de perdre la vie.

Qu’à cela ne tienne, le constructeur en a marre que son Autopilote paie pour l’inconscience des gens et l’opportunisme des médias utilisant la moindre défaillance pour en faire des gros titres. Voilà pourquoi Elon Musk annonce du changement à venir : régulièrement, Tesla va publier des statistiques renseignant sur la sûreté de ses dispositifs semi-autonomes.

Elon Musk énervé contre la presse

« Je crois qu’il y a 1,2 million de morts sur les routes chaque année, et sur combien lisez-vous des articles ? Quasiment aucun. Mais si c’est une situation impliquant une technologie autonome, ça fait la une. Et les médias oublient de mentionner qu’ils ne devraient pas écrire sur cette histoire mais plutôt sur le fait que les voitures autonomes sont très sûres. Mais ce n’est pas l’histoire que les gens veulent lire. Donc ils écrivent des gros titres incendiaires qui induisent en erreur les lecteurs  », s’insurge Elon Musk. Il n’hésite donc pas à épingler la presse, qu’il accuse de desservir la cause de la conduite autonome en ralentissant, involontairement, son développement. 

Et puisque Tesla est persuadé que son Autopilote augmente la sécurité au volant, il sous-entend que les journalistes poussent ses clients à moins l’utiliser, par extension à se mettre plus en danger. «  Ce n’est pas cool, et voilà pourquoi ça me met en colère  », argue l’intéressé dans des propos relayés par The Verge le 2 mai 2018. 

Pour Elon Musk, la solution est toute trouvée : il faut faire preuve de transparence sur les chiffres réels de l’Autopilote. En l’occurence publier souvent des données indiquant aux gens s’il y a amélioration ou régression de la technologie. «  Les statistiques sont sans équivoque sur le fait que l’Autopilote améliore la sécurité  » : l’entreprise s’apprête dès lors à prendre le risque de le prouver avec des indicateurs pour le moment inconnus. Mais, au moins, il discréditera une presse ayant tendance à maltraiter le sujet, si important pour la mobilité du futur. 

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