La famille de la victime du conducteur décédé tragiquement dans un accident avec un Model X va attaquer Tesla en justice. Le constructeur américain a publiquement rejeté la faute sur la victime.

L’accident ayant coûté la vie du propriétaire d’un Model X va aller en justice. La famille de la victime, prénommée Walter Huang, ne veut pas en rester là alors que Tesla continue de protéger sa technologie Autopilote, active au moment du crash. Pour le constructeur américain, la faute est à celui qui aurait dû garder ses mains sur le volant pour éviter la collision. Nous sommes donc en train d’assister à une véritable guerre de communication entre les deux camps, sachant que la famille apporte un nouvel élément à l’affaire : apparemment, Walter Huang était au courant de la défaillance de l’Autopilote sur cette portion routière. Un élément qui, pour Tesla, ajoute à sa responsabilité.

Tesla défend l’Autopilote

Tesla se demande dès lors pourquoi Walter Huang a continué d’utiliser l’Autopilote alors qu’il était conscient des risques. Le constructeur s’appuie d’ailleurs sur cette déclaration pour se défendre face aux accusations : « Selon la famille, Mr Huang savait que l’Autopilote n’était pas parfait et, plus spécifiquement, il a dit qu’il n’était pas fiable à cet endroit, mais il l’a quand même activé », explique l’outsider du marché de l’automobile, dans une note envoyée à Dan Noyes, journaliste pour ABC News. 

Tesla ne manque pas d’appliquer sa ligne de défense habituelle : l’Autopilote n’est pas le substitut d’un humain et doit s’accompagner d’une vigilance tout aussi accrue tant que les niveaux d’autonomie 3, 4 et 5 ne sont pas officiellement déployés. Ce n’est pas — encore — de la conduite autonome. D’après l’enquête, Walter Huang n’avait pas les mains sur le volant quelques secondes avant l’impact, suggérant qu’il n’aurait pas réagi aux avertissements lui indiquant de les remettre. « La seule cause pouvant expliquer l’accident est que Mr Huang n’a pas prêté attention à la route malgré les multiples signaux envoyés par la voiture », accuse Tesla. 

Pour le camp Huang, il est clair que Tesla dédouane sa technologie en rejetant la faute sur celui qui a perdu la vie. « Les capteurs ont mal lu le marquage au sol et le système de freinage n’a pas détecté un objet immobile  », révèle l’avocat Mike Fong, qui prépare le plaidoyer en attendant les résultats de l’investigation menée par le NTSB, Conseil national de la sécurité des transports américain. C’est donc une bataille autour de la sécurité de l’Autopilote qui va se jouer. Pour la famille, il est clairement défaillant.

«  La toute première version de l’Autopilote qui a été largement améliorée depuis a montré qu’il était capable d’enregistrer 40 % d’accidents de la route en moins [par rapport à une conduite sans Autopilote]. La raison pour laquelle d’autres familles n’apparaissent pas à la télé, c’est que leurs proches sont toujours en vie », conclut Tesla. Une phrase qui fait froid dans le dos, montrant le sang-froid d’un constructeur soucieux de protéger sa technologie… même si quelqu’un a perdu la vie.

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