Calendar 2 mine des cryptomonnaies en arrière-plan. Cela ne semble pas déranger Apple : l'application a été approuvée sur l'App Store.

Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois qu’un service ajoute une fonctionnalité de minage de cryptomonnaie pour se rémunérer. Cela dit, la pratique n’est pas encore bien perçue et même si des pionniers comme StreetPress jouent la carte de la transparence, bien souvent, le minage est opéré à l’insu des utilisateurs — quand il ne s’agit pas tout simplement d’un malware caché dans un programme légitime d’apparence.

L’application Calendar 2 est pourtant tout à fait légitime et a récemment mis la cryptomonnaie Monero au cœur de son activité. Plus intéressant : elle est présente sur l’App Store américain, le pré carré d’Apple aux règles strictes, ce qui signifie que Cupertino n’a pas jugé que ce minage était contraire à ses principes. Mais que fait-elle réellement ?

On ne peut pas reprocher à Calendar 2 la transparence. L’application a choisi délibérément de proposer à ses utilisateurs deux manières d’utiliser les fonctionnalités dites « premium » : payer avec de l’argent ou laisser l’application utiliser les ressources du processeur pour miner du Monero en arrière-plan. Cela dit, le minage est une option cochée par défaut : l’utilisateur est invité à la décocher pour l’arrêter. Il peut ensuite décider de ne pas utiliser les fonctionnalités premium ou les débloquer avec de l’argent.

Ars Technica

Problème : des utilisateurs ont remarqué que l’application continuait de miner en arrière-plan même si la case était décochée. Elle ne respectait pas, non plus, les paramètres choisis par l’utilisateur en termes d’usage CPU. Contactés par Ars Technica, les développeurs ont plaidé le bug. En attendant, Calendar 2 n’a que 2 étoiles sur 5 sur l’App Store, ce qui ne témoigne pas d’un engouement général pour l’application.

Et un dernier point pourrait mettre des bâtons dans les roues de Calendar 2 : les règles de l’App Store stipulent explicitement qu’une application ne doit pas « vider rapidement la batterie, générer trop de chaleur ou puiser excessivement dans les ressources de l’appareil ». Faire tourner le processeur au-delà de ses capacités pour miner des cryptomonnaies dans une application censée être un simple calendrier semble entrer dans les trois cas de figure. Si Calendar 2 fait jurisprudence, il va falloir s’attendre à ce que d’autres applications freemium tentent ce business model qui n’est, pour l’instant, pas apprécié du tout des utilisateurs qui l’assimilent à une arnaque.

Partager sur les réseaux sociaux