Naval Group et Thales s’allient pour développer une intelligence artificielle souveraine qui embarquera dans les navires de premier rang et les sous-marins. Objectif : traiter le déluge de données en mer et accélérer la prise de décision, tout en garantissant que l’humain reste le seul maître du tir.

L’avenir du combat naval ne passera pas seulement par les drones, déjà très utilisés dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, en témoigne cette action menée contre un sous-marin russe avec un drone évoluant sous la surface. Il va aussi passer par la case de l’intelligence artificielle. Celle-ci est d’ailleurs déjà bien présente dans les marines, mais il s’agit d’aller plus loin encore.

C’est ainsi que le 10 février 2026, Naval Group, géant européen en matière de marine militaire, a officialisé son entrée au capital de CortAIx France, l’accélérateur d’IA de Thales, un groupe spécialisé dans l’électronique et les systèmes de communication. Dans ce cadre, Naval Group récupère 20 % du capital de CortAIx France.

Ce rapprochement entre deux des plus gros poids lourds de l’Europe de la défense ne se limite pas à une transaction financière. Il s’agit pour Naval Group de participer à la gouvernance de CortAIx France et de peser sur les orientations technologiques de l’accélérateur. Cela se fera notamment par l’ouverture d’un centre d’excellence numérique à Ollioules (Var).

Ce choix géographique n’est pas anodin. C’est là qu’est basé le site de Naval Group dédié à la conception, au développement et à l’intégration de systèmes de mission pour les navires. On trouve également non loin le port militaire de Toulon, principale base navale française, où l’industriel français est aussi très présent pour l’entretien et le soutien aux navires.

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Un drone testé par Naval Group. // Source : Naval Group

Après les airs (Dassault), la mer (Naval Group)

Le partenariat entre Thales et Naval Group n’est pas une totale surprise au regard des transformations que l’IA induit dans la défense. Surtout, il calque presque parfaitement le mouvement opéré il y a quelques mois à peine dans le secteur aérien. Fin novembre 2025, Dassault Aviation scellait une alliance similaire avec Thales.

Objectif ? Développer une intelligence artificielle souveraine dédiée au combat aérien collaboratif, qui doit profiter à la future version F5 de l’avion de chasse Rafale, au chasseur de nouvelle génération issu du programme SCAF (s’il voit le jour) ainsi qu’aux drones d’accompagnement. Ces futurs systèmes doivent épauler les pilotes dans leurs missions.

Selon le communiqué commun, cette alliance va avoir une incidence à divers niveaux :

  • Le combat collaboratif, permettant aux opérateurs de gérer plusieurs systèmes à la fois et d’apporter une aide aux missions d’observation et de surveillance.
  • Les systèmes d’aide à la décision, se basant sur l’analyse rapide de données massives, stratégiques, tactiques et opérationnelles.
  • La guerre électronique, pour réduire la charge cognitive des opérateurs, automatiser l’identification des signaux, la géolocalisation des radars et la génération de rapports d’analyse de mission.
  • L’entraînement et la simulation, pour proposer des scénarios réalistes et adaptatifs, tout en optimisant les coûts, la préparation opérationnelle et l’analyse post-exercice.
  • La logistique et le support, en s’appuyant sur des règles d’analyse pour mieux anticiper les besoins opérationnels, les besoins de maintenance, optimiser les ressources disponibles et réduire les coûts.

L’humain reste « dans la boucle »

Au-delà de cette avalanche technologique, industriels comme militaires français tiennent à désamorcer toute polémique sur l’avènement de robots tueurs autonomes. On n’en est pas (encore) là. La doctrine française place toujours l’humain dans la boucle : l’IA est là pour voir, entendre et analyser plus vite que l’humain, pas pour tirer à sa place.

Comme pour l’alliance avec Dassault, Naval Group et Thales affirment que tout se fera « en gardant l’humain en contrôle ». Il reste cependant à voir à quel point ces principes tiendront dans un contexte militaire qui évolue très vite. Il fut un temps où il n’était pas question d’armer les drones français. Ils le sont aujourd’hui, sous la pression de la réalité de la guerre.

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