Après plusieurs tentatives de blocage, la Russie remet la pression sur Telegram avec des restrictions d’accès et la menace d’amendes. Le dossier s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle des services de communication et de promotion de l’application étatique Max.

Les autorités russes resserrent l’étau sur Telegram, application incontournable dans le pays. Le 10 février 2026, Moscou a annoncé restreindre l’accès à l’application de messagerie au nom de la « protection des citoyens russes ». Le gouvernement reproche à Telegram de ne pas bloquer des contenus qu’il considère comme « criminels et terroristes ».

Les restrictions dureront tant que Telegram ne se pliera pas à la loi russe, a prévenu l’autorité russe de régulation des télécommunications, Roskomnadzor, dans un communiqué. Par ailleurs, Telegram pourrait écoper d’une amende de 64 millions de roubles, soit près de 700 000 euros pour avoir laissé en ligne du contenu interdit et pour ne pas s’être suffisamment autorégulé, selon l’agence de presse russe TASS.

Pavel Durov dénonce une pression politique

Si l’application est utilisée par moins de 10% de la population, elle figurerait sur 50% des appareils mobiles russes selon une étude Deloitte, ce qui en fait une cible de choix, utilisée par des agences gouvernementales, des médias d’État et des hauts fonctionnaires.

« La Russie restreint l’accès à Telegram pour contraindre ses citoyens à utiliser une application d’État conçue pour la surveillance et la censure politique », a assuré le fondateur de la plateforme, Pavel Durov sur le réseau social X, avant de souligner que l’application ne changerait pas sous la menace russe et de rappeler que « Telegram défend la liberté et la vie privée, quelles que soient les pressions. »

Une super-application à la russe

L’homme d’affaires russe désormais basé aux Émirats arabes unis fait référence à Max lorsqu’il évoque « une application d’État », désormais pré-installée sur tous les nouveaux smartphones et tablettes vendus à travers la Russie. Cette super-application, à la manière de WeChat en Chine, sert aussi bien de messagerie que de moyen de transfert d’argent.

La Russie n’en est pas à son premier bras de fer avec Telegram : en 2018, le gouvernement a déjà tenté d’en bloquer l’utilisation. Plus récemment, en août 2025, Roskomnadzor a annoncé le bridage partiel des appels sur Telegram et WhatsApp, accusés d’être utilisés pour la fraude, le sabotage et le terrorisme. Profitant de ces restrictions, Moscou a dans la foulée commencé à préinstaller Max sur les smartphones. Roblox, Snapchat et FaceTime ont aussi été visés par des mesures prohibitives en décembre. L’essorage de la vie numérique des Russes est lancé.

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