L’Europe de la défense travaille aussi sur des missiles hypersoniques. En Norvège, une startup anglo-allemande Hypersonica a procédé à un test à plus de 7 400 km/h. Une réponse aux capacités hypersoniques russes.

C’est une capacité militaire qui manque encore aux armées européennes, mais c’est en train de changer. Dans un communiqué partagé le 10 février 2026, la startup anglo-allemande Hypersonica a revendiqué son premier essai réussi d’un prototype de missile hypersonique. Le test a eu lieu depuis la base de lancement d’Andøya, tout au nord de la Norvège.

« Tout au long de l’ascension et de la descente ultérieure dans l’atmosphère, tous les systèmes ont fonctionné normalement. Les performances du système ont été validées avec succès jusqu’au niveau des sous-composants à des vitesses hypersoniques », commente l’entreprise, qui a aussi mis en ligne un clip montrant quelques séquences du vol.

Mach 6 en Norvège

Du côté des performances, il est rapporté que l’engin a franchi une distance de plus de 300 kilomètres et a atteint la vitesse de pointe de Mach 6 (soit au moins 7 408,8 km/h). L’entrée dans le domaine hypersonique se fait à partir de Mach 5, c’est-à-dire à une vitesse cinq fois supérieure à celle du son dans l’air (340 m/s).

Au-delà de la vitesse du missile, c’est celle de son développement qui est notable : la startup européenne affirme avoir conçu et lancé cet engin en seulement 9 mois, promettant des coûts 80 % inférieurs aux standards de l’industrie traditionnelle. Une célérité et une compression des coûts qui sont bienvenues en cas de bascule en économie de guerre.

Source : Hypersonica
Le tir du prototype. // Source : Hypersonica

Si l’essai est encourageant pour l’Europe de la défense, on est encore loin d’une entrée en service opérationnel dans les forces. De l’aveu même d’Hypersonica, il va falloir encore au moins trois ans de recherche et développement et franchir par ailleurs d’autres phases d’expérimentation avant de déboucher sur une « capacité de frappe hypersonique souveraine européenne ».

D’ici à 2029, le calendrier d’Hypersonica inclut donc des essais successifs pour réaliser d’autres vols hypersoniques, démontrer un contrôle avancé de l’engin à des vitesses extrêmement élevées, mais aussi rendre le projectile hautement maniable — cela, dans le but de réussir une frappe sur une cible ou pour déjouer la défense adverse.

L’ombre des missiles russes

Les armes hypersoniques sont devenues un sujet d’actualité ces dernières années en raison de la guerre que mène la Russie en Ukraine. Moscou s’est ainsi servi à deux reprises au moins du missile balistique Orechnik (sur Dnipro en novembre 2024 et sur Lviv en janvier 2026) pour envoyer un signal stratégique à l’OTAN.

Régulièrement, d’ailleurs, le Kremlin organise des tests avec une réussite variable (fin novembre 2025, un test de missile balistique russe s’était mal passé). Au fil des ans, la Russie a développé un éventail d’armement entrant dans cette catégorie : cela inclut le planeur Avangard, le missile de croisière Zircon ainsi que le missile aérobalistique Kinjal.

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Source : Numerama avec Midjourney

M51, ANS4G, V-Max : où en est la France ?

D’autres pays sont engagés sur ce créneau, comme les États-Unis avec leur missile hypersonique Dark Eagle (Long-Range Hypersonic Weapon), qui a déjà été testé à plusieurs reprises. La France maîtrise depuis longtemps la très haute vitesse avec ses missiles balistiques M51 (M51.3, actif dans les forces, et futur M51.4).

Cependant, la course actuelle concerne la capacité à manœuvrer de façon encore plus imprévisible à ces vitesses, ce que vise le programme V-Max. D’autres programmes sont en cours, à l’image du missile nucléaire ASN4G. Côté défense, le projet Odin’s Eye vise à détecter des tirs hypersoniques adverses, tandis que le système SAMP/T NG a vocation à les intercepter.

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