À 49,99 euros (Ultra Essentiel) ou 59,99 euros (Ultra) par mois, la nouvelle Freebox coûte 10 euros de plus que la Freebox Delta. À ce prix, Free ajoute notamment Disney+, Canal+ et le Wi-Fi 7… mais supprime la maison connectée et les 4 disques durs. Pour la première fois, Free dévoile d’ailleurs une box sans nouveau décodeur télé.

La remplaçante de la Freebox Delta s’appelle… la Freebox Ultra. Le 30 janvier 2024, avec un mois de retard (Free espérait sortir sa nouvelle box en décembre, mais s’est fait piéger par l’homologation tardive du Wi-Fi 7), le plus rebelle des opérateurs a dévoilé la Freebox Ultra lors d’une conférence de presse organisée dans ses locaux parisiens. Un événement auquel Numerama a assisté, en attendant de pouvoir tester la nouvelle Freebox à la maison.

Que faut-il retenir de cette nouvelle Freebox ? Deux choses. Free semble désormais tout miser sur les services, à la manière de myCANAL. Et Free semble prêt à tourner la page des box télé, alors qu’il indiquait jusque-là qu’il ne pourrait pas sortir de nouvelle Freebox sans Player.

Un design réussi, mais un hardware en régression

Après une Freebox Revolution ultra-design (par Philippe Starck) et une Freebox Delta très originale (une box triangulaire et imposante), Free mise sur un look beaucoup plus standard avec sa Freebox Ultra. La nouvelle box de l’opérateur de Xavier Niel est une Freebox Pop élargie, qui passe du rond à l’ovale. C’est la première fois que Free aligne les codes esthétiques de ses box milieu de gamme et haut de gamme.

La Freebox Ultra avec son répéteur Wi-Fi 7 et son routeur 4G. // Source : Numerama
La Freebox Ultra avec son répéteur Wi-Fi 7 et son routeur 4G. // Source : Numerama

Faut-il y voir une régression ? Forcément, oui, mais il y a aussi des avantages. La Freebox Ultra est beaucoup plus petite que la Freebox Delta, alors qu’elle promet de meilleurs débits et une consommation énergétique moindre. La promesse du 8 Gbit/s symétrique est évidemment alléchante, à condition d’être éligible. La plupart des Français fibrés se contenteront probablement de moins. Côté Ethernet, on passe de quatre ports 1 Gbit/s à quatre ports 2,5 Gbit/s.

Les ports à l'arrière de la Freebox Ultra. // Source : Numerama
Les ports à l’arrière de la Freebox Ultra. // Source : Numerama

Évidemment, le plus petit design de la Freebox Ultra vient avec des concessions matérielles. Adieu toute la partie domotique, la Freebox Ultra ne propose plus d’alarme ou de lecteur NFC pour ajouter des accessoires. L’opérateur abandonne aussi les quatre emplacements disques durs SATA qui étaient bien pratiques pour transformer sa Freebox en NAS. À la place, Free propose un emplacement M.2 pour un SSD NVMe, qui ne servira certainement pas aux mêmes usages. Il reste possible de connecter des disques durs en USB, mais avec quelle efficacité ?

Le seul emplacement de stockage de la Freebox Ultra. // Source : Numerama
Le seul emplacement de stockage de la Freebox Ultra. // Source : Numerama

Le contre-argument à cette régression matérielle est l’ajout du Wi-Fi 7, une grande première en France. De quoi prolonger la vie de cette Freebox nouvelle génération, alors que le Wi-Fi 7 commence à peine à faire son apparition dans nos terminaux.

Pas de nouveau Freebox Player

Pour la première fois, Free lance une nouvelle box sans décodeur. Le marketing de l’opérateur a toujours été d’associer un Server (internet) à un Player (télé), il se contente cette fois-ci d’un routeur. Un changement majeur dans sa stratégie, qui laisse penser que le temps de la domination des box des opérateurs est révolu.

À la place de l’Ultra Player, Free a deux propositions pour ses abonnés :

  • Récupérer le décodeur de la Freebox Pop sous Android TV avec son application OQEE préinstallée (et quatre boutons pour Netflix, Canal+, Disney+ et Prime).
  • Utiliser le matériel de leur choix, comme une Apple TV, une box Android TV ou directement le système d’exploitation de leur smart TV. L’application OQEE étant disponible partout.
La nouvelle télécommande du décodeur Pop. // Source : Numerama
La nouvelle télécommande du décodeur Pop. // Source : Numerama

En lançant ce mouvement, Free pourrait précipiter la chute des box télé, alors que certaines marques comme Samsung intègrent désormais sur leurs téléviseurs les applications des quatre opérateurs. Il est aussi possible que le décodeur de la Freebox Pop n’ait jamais de successeur, si Free constate que ses abonnés pivotent peu à peu vers des solutions alternatives. Il faut malgré tout avoir en tête le fait que beaucoup d’abonnés Free ne sont pas très technophiles, ce qui pourrait rendre l’abandon des box compliquée.

Netflix, Disney, Prime, Canal+… Free mise tout sur les services

Comment vendre une box plus petite, moins complète et sans nouveau décodeur à un tarif plus élevé de 10 euros ? Avec des services, bien sûr.

Avec son offre Ultra à 59,99 euros par mois (49,99 euros la première année), Free intègre tout ce qui se fait sur le marché :

  • Canal+ en direct : une grande première pour un opérateur, mais seulement la chaîne linéaire.
  • TV by Canal : des chaînes normalement exclusives à l’univers Canal, comme Eurosport.
  • Netflix : forfait Standard avec pub.
  • Disney+ : forfait Essentiel avec pub.
  • Amazon Prime : forfait Prime complet, avec la livraison et Prime Video.
  • Universal+ : un service de streaming avec le catalogue Universal.
  • Cafeyn : pour lire la presse en illimité.
L'écran de la Freebox Ultra est le même que celui de la Freebox Pop, en plus grand. // Source : Numerama
L’écran de la Freebox Ultra est le même que celui de la Freebox Pop, en plus grand. // Source : Numerama

Grâce à toutes ces offres incluses, Free espère rendre son offre compétitive. Notons tout de même qu’il faudra payer plus pour retirer les publicités sur Netflix et Disney+ et que beaucoup de personnes auront peut-être ces offres en double, si elles payent déjà myCANAL par exemple. L’offre Ultra Essentiel, à 49,99 euros par mois (39,99 euros la première année), élimine la partie télé. Son prix semble légèrement surévalué pour l’offre proposée.

Avec sa Freebox Ultra, Free confirme qu’il est désormais un opérateur de services, plutôt qu’un fabricant de hardware ultra-novateur (à l’exception du Wi-Fi 7, bien sûr, mais il sera un jour la norme). En étant la plus chère de l’histoire de Free, l’offre Ultra est peut-être la plus adaptée au grand public, grâce à tous les services de streaming qu’elle inclut.

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