Twitter a-t-il enfreint le Digital Services Act ? La Commission européenne annonce l’ouverture de procédures à l’encontre de l’entreprise d’Elon Musk, qui ne respecterait pas les règlements européens. Un nouveau souci pour le réseau social, en pleine crise financière.

Rien ne va pour X, ex-Twitter. Alors que l’entreprise a perdu des millions de dollars à cause des tweets provocateurs qu’Elon Musk, qui ont incité des annonceurs majeurs à la déserter, l’Union européenne annonce l’ouverture d’une enquête à l’encontre du réseau social. Elle pourrait la condamner à une amende importante ou à une interdiction de territoire, dans le pire des cas.

Les faits reprochés ? X ne respecterait pas le DSA, qui oblige les réseaux sociaux à suspendre les contenus illégaux dans les pays de l’Union européenne. L’UE reproche aussi à Twitter de ne pas en faire assez en matière de lutte contre la désinformation, tout en manquant de transparence. Enfin, l’UE reproche à X son interface trompeuse, à cause des comptes certifiés qui manipulent l’affichage.

L'annonce de la poursuite par Thierre Breton.
L’annonce de la poursuite par Thierre Breton. // Source : X

X, un acteur majeur de la désinformation sur le Hamas

Parmi les faits cités par la Commission européenne, on retrouve la publication de contenus illégaux sur l’attaque du Hamas, sans que X ne monte au créneau. Un rapport de NewsGuard indiquait en octobre que la majorité de la désinformation sur la guerre entre Israël et le Hamas était le fruit de tweets de comptes certifiés, qui payent donc pour accroître leur visibilité. Twitter a amplifié la désinformation ces derniers mois, alors que les autorités l’appellent à la responsabilité. L’Union européenne aimerait notamment que son interface arrête de mettre en avant les gens qui payent et qui disent des bêtises, ce qui ne lui semble pas responsable.

De nombreux phishings ciblent les comptes certifiés sur Twitter // Source : Montage Numerama
Les badges certifiés amplifieraient la désinformation. // Source : Montage Numerama

Twitter, un jour interdit en Europe ?

L’enquête de l’UE pourrait prendre plusieurs mois avant de provoquer, si les faits sont avérés, une amende représentant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial de X. En cas de récidive, l’UE pourrait éventuellement bannir la plateforme de l’Union européenne, dans un contexte où la concurrence s’intensifie. C’est la première fois que ce dispositif permis par le DSA est utilisé. Bref, rien ne va pour Twitter, de plus en plus isolé.


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