Les observations faites en 2021 et 2022 montrent que la 5G n’a pas eu d’incidence particulière sur l’exposition des Françaises et des Français aux ondes. Cette exposition devrait croître à l’avenir, mais ce sera une hausse logique, liée à la généralisation de la 5G.

C’est un sujet légitime qui se pose en France depuis 2018 avec l’arrivée des premiers sites pilotes pour expérimenter la 5G. Cette nouvelle génération dans la téléphonie mobile a-t-elle une incidence sur la santé humaine ? La réponse est non, selon les actuelles observations scientifiques. Les études, néanmoins, se poursuivent pour explorer toutes les éventualités.

L’une des raisons pour lesquelles aucun risque avéré n’existe tient au fait que le niveau d’exposition des populations n’a pas augmenté de manière significative. C’est la conclusion à laquelle est parvenue l’Agence nationale des fréquences (ANFR), le 20 avril. Son étude, conduite sur 2020 et 2021, a impliqué 5 000 mesures sur 1 600 sites, avant et après l’activation de la 5G.

« Les résultats montrent que l’exposition est restée comparable avant et quatre mois après l’introduction de la 5G », écrit l’agence, dont l’une des missions consiste à produire régulièrement des rapports sur le niveau d’exposition aux ondes de la population. En effet, les ondes électromagnétiques doivent rester sous des valeurs réglementaires précises. L’ANFR est chargée de le vérifier.

Une hausse liée à un trafic en augmentation

L’agence relève, dans son commentaire, qu’il y a bien eu une « légère augmentation » fin 2021, sur presque l’ensemble des bandes de fréquences. Cette fluctuation vient « a priori de l’augmentation régulière du trafic », avance l’ANFR. D’ailleurs, l’analyse des fréquences montre que cette augmentation vient plutôt des fréquences dont se sert la 4G, la norme la plus répandue aujourd’hui.

« L’analyse en fréquence a montré que cette augmentation n’est toutefois pas corrélée au déploiement de la 5G, mais à une exposition plus forte sur les autres bandes de téléphonie mobile, notamment celles allouées à la 4G », développe l’ANFR. La 4G et 5G se partagent certaines fréquences dans les bandes 700 MHz et 2,1 GHz.

5G ondes
La 5G est en cours de déploiement depuis 2020 en France. // Source : Melvyn Dadure pour Numerama

L’ANFR reconnaît que la faible exposition du public aux ondes s’explique aussi par le fait que la 5G reste encore minoritaire en France. Les mesures ont eu lieu en 2021 et 2022, mais l’essor de cette nouvelle génération n’est pas encore là. Cependant, le nombre de mobinautes s’abonnant à des forfaits 5G va croissant. À long terme, la 5G sera la norme commune pour tous.

De fait, cette exposition devrait mécaniquement augmenter dans les années à venir, simplement parce qu’il y aura de plus en plus de trafic en 5G, en remplacement de la 2G, de la 3G ou de la 4G. Pour anticiper cette évolution, l’ANFR s’est prêtée à un exercice d’anticipation en générant artificiellement davantage de trafic. 464 sites 5G ont été impliqués.

Il ressort que l’on peut s’attendre « à une augmentation à terme de l’ordre de 30 % de l’exposition globale dans les zones où la bande 3,5 GHz sera déployée », indique l’ANFR. La bande 3,5 GHz est la bande centrale de la 5G en France. Cette hausse, ajoute l’agence, viendra de l’accroissement important des capacités de cette bande (+50 %).

Source : Numerama

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