L’aviation civile aux USA laisse un an aux compagnies aériennes pour s’adapter à la 5G. 1 000 avions ont besoin d’être remis à niveau.

Un an. C’est l’échéance que l’administration fédérale de l’aviation civile (FAA) prévoit de laisser aux compagnies aériennes pour en finir avec les interférences entre la 5G et les avions. À la date du 1er février 2024, les aéronefs devront avoir bénéficié d’une révision pour les rendre insensibles aux fréquences utilisées aux USA pour la nouvelle génération de téléphonie mobile.

Cette mise à niveau concerne un avion sur huit aux États-Unis, selon les estimations de la FAA dans un document mis en lumière par Ars Technica le 10 janvier. Il y a près de 7 000 avions inscrits au registre américain qui sont déjà équipés pour filtrer la 5G au niveau de leurs appareils (ou sont en cours de l’être). Mais il en reste un bon millier à actualiser.

Des interférences entre les radioaltimètres et la 5G

C’est au niveau du radioaltimètre que réside le problème. Ce dispositif sert à un avion pour évaluer son altitude par rapport au sol, via l’émission et la réception d’ondes radio. C’est un outil important lors d’une phase sensible du vol qui est l’atterrissage, car il aide l’équipage à déterminer la bonne trajectoire de l’avion par rapport à la piste, notamment de nuit ou par mauvais temps.

Selon la FAA, il y aurait 180 aéronefs ayant besoin d’un remplacement de l’altimètre. Quant aux 820 avions restants, des filtres devraient suffire à empêcher la 5G de venir perturber les instruments de bord. Tout cela aura un coût pour les compagnies aériennes, évalué à un peu plus de 26 millions de dollars (26 000 dollars par avion en moyenne).

« Certains radioaltimètres peuvent déjà démontrer une tolérance aux émissions de la bande C de la 5G sans modification », commente la FAA. « D’autres devront peut-être d’installer des filtres entre le radioaltimètre et l’antenne pour augmenter la tolérance du radioaltimètre ». Ceux pour qui cette mesure sera insuffisante devront être remplacés par un modèle plus efficace.

avion aéronef
La FAA estime à 7 000 le nombre d’avions adaptés à l’arrivée de la 5G. Mais il y en a un millier d’autres ayant besoin d’une mise à jour. // Source : Olivier Cabaret

La cohabitation difficile entre la 5G et les radioaltimètres est causée par la proximité notable entre les deux usages. La 5G aux USA utilise une bande appelée C, qui va de 3,7 à 3,98 gigahertz (GHz). Or non loin se trouve aussi une bande qui elle sert au secteur aérien, notamment pour la communication. Cette bande-ci va de 4,2 à 4,4 GHz. Il y a à peine un écart de 200 MHz.

En France, ce problème n’existe pas vraiment : d’abord, l’écart est plus important (400 MHz). Ensuite, des dispositions additionnelles ont été prises. En l’espèce, les signaux des antennes 5G ont été orientés vers le bas dans les environs des grands aéroports. Ainsi, le trafic aérien est moins affecté par l’arrivée de l’ultra haut débit mobile.

D’autres règles ont aussi été mises en place pour moduler la puissance des ondes selon l’emplacement des antennes au niveau des aéroports (il y a ainsi deux zones, une de sécurité et une autre de précaution). Par ailleurs, les radioaltimètres sont aussi actualisés si besoin. Les risques d’interférences sont ainsi nettement moindre de ce côté-ci de l’Atlantique.

Source : Numerama

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