La Chine a décidé de développer un programme de déviation d’astéroïde, avec une mission qui sera lancée autour de 2025.

L’Agence spatiale chinoise (CNSA) a annoncé le dimanche 24 avril 2022, à l’occasion du 52e anniversaire de la mise en orbite du tout premier satellite chinois, que la Chine allait organiser un test de déviation d’astéroïde. Elle précise que cette mission se déroulera d’ici 2025-2026. Le nom de la mission n’est pas encore connu.

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Astéroide Toutatis survolé par la sonde Chang’e 2 (CNSA). // Source : © Cnsa, Clep

La Chine lance bientôt sa mission

À l’heure actuelle, l’astéroïde cible n’a pas encore été sélectionné et la mission est toujours en cours de conception. La Chine souhaiterait développer des modélisations d’opérations contre un géocroiseur et mettre en place un système de surveillance adapté.

« La Chine a tenu hier sa première conférence sur la défense planétaire, touchant l’astronomie radar, les systèmes d’alerte précoce, l’exploration des petits corps, la simulation d’impact, la surveillance spatiale, les impacts, les impacteurs, les lasers et d’autres possibilités de déviation », a précisé sur Twitter Andrew Jones, journaliste spécialisé sur le programme spatial chinois (@AJ_FI). C’est à cette occasion que le nouveau projet de mission a été présenté.

Avant d’envoyer un impacteur pour dévier la route de l’astéroïde, l’agence spatiale chinoise souhaiterait recueillir quelques observations près de l’objet pour se lancer dans cette mission. Son objectif est avant tout de réaliser une expérience et d’observer les résultats : détourner l’astéroïde de sa trajectoire initiale grâce à une injection d’énergie cinétique, c’est-à-dire en frappant la cible de plein fouet avec un objet lancé à haute vitesse un peu comme ce que souhaite faire la Nasa avec Dimorphos.

Pourquoi dévier un astéroïde ?

Rassurez-vous, aucun astéroïde massif ne se dirige vers nous pour détruire notre planète. Francis Rocard, astrophysicien et responsable du programme d’exploration du système solaire au CNES, explique à ce sujet auprès de 20 Minutes, que parmi « les 2 300 objets potentiellement dangereux identifiés, aucun ayant une taille supérieure à 140 m n’a une probabilité supérieure à 1 pour 10 000 de nous impacter ».

L’objectif de cette mission est donc surtout de réaliser des tests visant à valider une ou plusieurs techniques de défense planétaire, au cas où la situation changerait un jour. Pour rappel, la Chine avait déjà survolé un astéroïde en décembre 2022 avec la mission sonde lunaire orbitale Chang’e 2.