Les États-Unis et l’Union européenne, suivis par la Chine, sont les principaux responsables d’une extraction excessive des ressources naturelles, selon une analyse.

« Les résultats montrent que les pays riches sont les principaux responsables de l’effondrement écologique mondial et qu’ils ont donc une dette écologique envers le reste du monde », affirme l’anthropologue espagnol Jason Hickel, de l’Universitat Autònoma de Barcelona (Espagne).

Il est le coauteur d’une étude qui analyse à la loupe 50 ans d’exploitation des ressources naturelles dans le monde. Les travaux ont été publiés en avril 2022 dans The Lancet Planetary Health. Les résultats mettent en évidence une nette inégalité dans la responsabilité envers l’épuisement des ressources naturelles.

Les États-Unis et l’UE responsables de l’utilisation excessive des ressources

Cette analyse calcule la proportion de dépassement de la « part équitable des seuils d’utilisation durable » des ressources naturelles pour chaque pays. Pour ce faire, les auteurs ont déterminé une sorte de « corridor de durabilité », une limite mondiale sûre et durable mesurée en gigatonnes de matériaux extraits.

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Les ressources naturelles telles que le charbon, ou encore le pétrole, ne sont pas renouvelables. // Source : Pixabay

Les auteurs en arrivent à la conclusion que, sur la période 1970-2017, pas moins de 74 % de l’excès mondial dans l’extraction des ressources provient des pays à haut revenu. Au total, 2,5 trillions de tonnes de ressources ont été extraites entre 1970 et 2017 par les pays à haut revenu ou à revenu intermédiaire supérieur. Au sein de ce chiffre, 1,1 trillion de tonnes excèdent le corridor de durabilité.

Le dépassement concerne essentiellement les États-Unis (à hauteur de 27 %) et l’Union européenne (qui représente 25 % du chiffre total). La Chine, de son côté, se classe au deuxième rang mondial avec 15 % de l’utilisation excessive des ressources. « Ces nations doivent prendre l’initiative de réduire radicalement l’utilisation de leurs ressources afin d’éviter toute dégradation supplémentaire, ce qui nécessitera probablement des approches transformatives post-croissance et décroissance », alerte Jason Hickel face aux conclusions de cette analyse.

Les auteurs insistent d’autant plus qu’ils observent dans les chiffres une augmentation de l’usage mondial des ressources naturelles : depuis 2017, l’économie mondiale consomme « plus de 90 milliards de tonnes » de matériaux par an.