Après un test positif au Covid-19, nous savons que l’isolement est de mise. Mais que faire en cas de symptômes ? Faut-il s’inquiéter ? On fait le point.

Alors que le nombre d’infections au Sars-CoV-2 (le virus du Covid-19) explose en France, avec près de 300 000 nouveaux cas positifs par jour, on en oublie parfois que derrière les chiffres ce sont tout autant de personnes avec potentiellement des symptômes plus ou moins modérés qui se retrouvent à l’isolement pendant au minium 5 jours.

Comment faire si vous êtes dans ce cas ? Comment gérer les éventuels symptômes ? Nous avons demandé au Dr. Michael Rochoy, médecin généraliste et membre du collectif Du Côté de la Science ses recommandations pour gérer au mieux cette quarantaine.

Combien de temps doit-on rester isolé quand on a le covid ?

Depuis le 3 janvier 2021, les règles d’isolement en cas de test positif ont changé et sont les mêmes que l’on soit infecté par le variant Delta ou le variant Omicron.

Il existe toutefois des différences selon que l’on est complètement vacciné ou pas.

  • Les personnes qui ont un schéma vaccinal complet, c’est à dire avec une dose de rappel, et les enfants de moins de 12 ans doivent s’isoler immédiatement. Au 5ème jour, ils peuvent réaliser un test antigénique ou un test PCR. Si celui-ci est négatif, ils peuvent mettre fin à leur isolement. Si, en revanche, ce test au 5ème jour est positif ou si aucun test n’a été réalisé, ils doivent poursuivre leur isolement 2 jours de plus, soit 7 jours en tout à partir de la date du prélèvement.
  • Les personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées sont quant à elles soumises à un isolement de 7 jours à compter de la date de prélèvement. À l’issue de ces 7 jours, elles doivent réaliser un nouveau test antigénique ou PCR. Si ce test est négatif et en l’absence de symptômes depuis plus de 48h, elles peuvent mettre fin à leur isolement. Dans le cas où le test reviendrait positif ou s’il n’a pu être réalisé, elles doivent prolonger leur isolement de 3 jours, soit 10 jours en tout après la date du premier prélèvement positif.
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Proposition de stratégie de dépistage covid. // Source : @SaiyanBio

Vous avez le covid ? Partez du principe que votre foyer sera contaminé

D’abord, l’isolement. Pas facile, sinon impossible, lorsque l’on partage son lieu de vie avec d’autres… « Autant partir du principe que l’on va contaminer les autres personnes de son foyer, d’autant que le variant Omicron est très contagieux et que la personne positive est contaminante deux jours avant d’avoir le moindre symptôme », estime le Dr Rochoy.

Rien de catastrophiste là-dedans : cela permet de prévoir test, isolement et arrêt maladie à venir et de se comporter de manière à éviter toute contamination supplémentaire. « Il est toujours possible pour la personne infectée de faire chambre à part — une chambre qu’elle ne quittera pas même pour les repas et où elle restera seule, et de ne sortir masquée que pour aller à la salle de bain. Laquelle salle de bain devra être soigneusement aérée après utilisation afin de limiter de risque de transmission par aérosols. » indique le médecin.

Que faire ? Du repos et du paracétamol

Pour ce qui est des symptômes, le Dr Rochoy se montre plutôt rassurant : « Généralement, chez les personnes vaccinées et non immunodéprimées, le Covid reste relativement peu sévère. Certaines personnes n’auront simplement aucun symptôme, d’autres auront le nez bouché et/ou qui coule, des maux de gorge, une toux, des maux de tête, des courbatures, de la fatigue… » Rien que de très commun et de peu spécifique et de bénin quoique désagréable et parfois invalidant.

Le médecin généraliste ne mâche pas ses mots : « Il n’existe aucun traitement précoce. Ni l’Hydroxychloroquine, ni l’Azythromycine, ni l’Ivermectine, ni le zinc ou la vitamine D ne sont utiles pour traiter le covid. Et les trois premiers ne pourront avoir que des effets indésirables, des seconds exposent à un risque de surdosage.» Et d’ajouter : « Il faut absolument éviter de faire les fonds de tiroir des médicaments que vous avez chez vous et il est inutile de consulter plusieurs médecins pour espérer se faire prescrire un prétendu remède précoce. »

Alors, que faire ? D’abord, du repos. Et, des traitements symptomatiques : « Pour la fièvre, les maux de têtes et les courbatures, du paracétamol sans dépasser les 3 grammes par jour. Pour le nez, des lavages au sérum physiologique ou à l’aide de dispositifs spécifique. C’est souvent suffisant et il n’y aucun intérêt à prendre autre chose. » explique le Dr. Rochoy.

Il ajoute : « Parfois, une infection virale ORL peut causer une otite bactérienne ou sinusite maxillaire. Dans ce cas, il conviendra de consulter un médecin qui pourra prescrire des antibiotiques. » Il précise que, de son expérience, c’est extrêmement rare.

Quand faut-il consulter ?

Mais, justement, quand appeler le médecin ? Quand consulter ? Là, il n’y a pas de règle absolue — du moins si les symptômes restent bénins. Le Dr Rochoy recommande dans tous les cas aux personnes vaccinées et positives au covid de le signaler à leur médecin traitant qui pourra, le cas échéant, assurer un suivi.

Dans certains cas, notamment pour les personnes âgées ou fragiles, il pourra organiser un visite à domicile ou solliciter un cabinet infirmier pour un suivi quotidien chez la personne. Il invite les personnes non vaccinées à prendre également contact avec un docteur en vue d’une consultation au cabinet ou en téléconsultation. « Les personnes inquiètes, même si elles n’ont que peu de symptômes, peuvent aussi prendre rendez-vous avec leur médecin. Je leur recommande toutefois de le prévenir au préalable qu’elles sont positives car il leur proposera sans doute un créneau horaire dédié afin de ne pas risquer de contaminer d’autres patients dans la salle d’attente », précise le médecin généraliste.

Il y a bien sûr des cas où la consultation n’est pas une option. « Lorsque la personne est à risque de forme grave, une consultation s’impose. Il faut absolument appeler si l’on rencontre des difficultés à respirer, que l’on a des douleurs thoraciques ou que la fièvre est importante et ne baisse pas. Idem s’il y a des signes de sur-infection bactérienne» explique le Dr. Rochoy. Le soir, le weekend ou si le médecin n’est pas joignable, il ne faut pas hésiter à appeler le 15. « Pour certaines personnes, le Covid n’a rien de bénin. » regrette t-il.

Il invite également les parents à être vigilants à l’apparition d’un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à distance — 3 semaines environ, de l’infection. « Les enfants qui développent un PIMS présentent un état général altéré avec une forte fièvre. Les symptômes sont peu spécifiques, ce qui doit amener à une consultation rapide », indique le médecin.

Enfin, qu’en est-il des personnes asymptomatiques ? Peuvent-elles vivre (presque) comme d’habitude ? Peuvent-elles faire du sport chez elles si l’isolement leur donne des fourmis dans les jambes ? Pour le Dr Rochoy, la réponse est « oui » : « Il ne s’agit évidemment pas de faire un marathon crossfit dans son salon et a fortiori si on n’est pas sportif. Mais, les personnes entraînées peuvent bien faire un peu d’endurance par exemple. Il convient néanmoins de s’arrêter à la moindre sensation désagréable. »