Ce n’est ni une malédiction ni une plaisanterie. La Nasa repousse encore la date de lancement de son très attendu télescope spatial James Webb. Au plus tôt, il partira dans l’espace le 24 décembre 2021.

« Non ! Non ! Non ! » : la réaction des astronomes ne s’est pas fait attendre. Malheureusement, ce n’est pas une blague : le lancement du télescope spatial James Webb (JWST) est encore repoussé, a annoncé la Nasa le 14 décembre 2021. Il devait avoir lieu le 22 décembre, mais ce sera finalement « au plus tôt » le 24 décembre.

Selon les indications données par l’ESA lors d’une conférence de presse le 15 décembre, le lancement doit avoir lieu à 13h20 (heure de Paris). Si un nouveau report devait être prévu, il serait pour le 26 ou le 27 décembre.

Un souci de communication entre le télescope et le système de lancement

Le report de date a été décidé « pour permettre aux équipes de résoudre un problème de communication entre l’observatoire et son système de lancement », indique l’agence spatiale. La publication de blog de la Nasa n’est pas très fournie, ce qui donne peu d’éléments sur la nature exacte du problème de communication. « Nous fournirons plus d’informations sur la nouvelle date de lancement au plus tard le vendredi 17 décembre », apprend-on simplement.

Oh non ! Le décollage du télescope James Webb est encore reporté de quelques jours
Vous avez le temps de faire pleins de jolis dessins en attendant son décollage. // Source : Flickr/CC/Nasa’s James Webb Space Telescope, Shriya Katta

Vu de l’extérieur, on pourrait presque croire à une malédiction, tant le décollage de cet observatoire très attendu a été repoussé. En 2003, on s’imaginait pouvoir l’envoyer dans l’espace en 2011. Une décennie plus tard, la date du 18 décembre 2021 était fixée. C’était sans compter sur un incident qui a failli exposer le télescope à des dégâts, du fait de vibrations provoquées dans tout l’observatoire — heureusement, plus de peur que de mal. La date du décollage avait alors été fixée au 22 décembre. Désormais, le JWST ne quittera pas la terre ferme avant la veille de Noël, au plus tôt.

Une mission d’une impressionnante complexité

En réalité, ces reports réguliers illustrent surtout la complexité de la mission. Cela fait 20 ans que les astronomes attendent le successeur de Hubble (et non son remplaçant), capable d’observer encore plus loin dans le passé de l’Univers. Pour y parvenir, il faut un télescope spatial, mais il ne peut pas être installé en orbite terrestre comme Hubble. Le JWST sera placé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, derrière notre planète par rapport au Soleil. C’est indispensable à ses observations dans le domaine de l’infrarouge.

Mais cela signifie que la Nasa n’a pas le droit à l’erreur, car il sera impossible de réparer le télescope James Webb une fois qu’il sera dans l’espace. Par ailleurs, le moindre mécanisme doit fonctionner comme prévu, lors de sa mise en service qui prendra plusieurs mois après le décollage. Des centaines de périls potentiels attendent le JWST, qui devra se déplier progressivement dans un environnement hostile. Une seule faille peut mettre en danger toute la mission. On comprend donc que la Nasa préfère repousser encore un peu, car il n’y aura pas de deuxième chance dès lors que le télescope ne sera plus sur la Terre.