Le lancement du télescope spatial James-Webb est prévu pour la fin de l'année 2021. Une fois envoyé dans l'espace, cet observatoire infrarouge ne pourra plus être réparé, comme avait pu l'être Hubble à plusieurs reprises.

Le futur observateur des premières galaxies apparues après le Big Bang doit être lancé à la fin de l’année 2021. Ce télescope spatial, baptisé James-Webb, est particulièrement attendu des astronomes. Il doit succéder à Hubble, en observant jusque dans l’infrarouge moyen, afin de scruter la lumière des premières galaxies, apparues après le Big Bang.

Le télescope spatial Hubble est certes toujours opérationnel, 31 ans après son installation en orbite terrestre basse. « Hubble a connu plusieurs réparations, dont une très rapidement après son lancement, car il était myope, les miroirs étaient mal alignés, rappelle Lucie Leboulleux, de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble, auprès de Numerama. Contrairement à son prédécesseur, il serait inenvisageable de penser réparer le JWST (pour James Webb Space Telescope) de la même manière, au beau milieu de l’espace. « Hubble a pu être réparé quand il a eu des soucis, on a aussi pu remplacer ses instruments par des instruments plus performants. Avec le JWST, il ne sera pas possible de faire cela : on ne peut pas aller au point de Lagrange L2. On l’envoie, et voilà », décrit la scientifique.

À l’abri dans l’ombre de la Terre

Le James Webb Space Telescope ne peut pas être un télescope en orbite autour de la Terre, comme c’est le cas de la plupart des télescopes spatiaux (sondes explorant le système solaire exclues). « Le télescope James-Webb sera derrière la Terre, sur une orbite héliocentrique, afin de se protéger des rayons solaires et d’éviter de perturber ses détecteurs infrarouges », poursuit Lucie Leboulleux. Une zone a été retenue en particulier : le fameux point de Lagrange L2. Les points de Lagrange sont des zones d’équilibre, très intéressantes à utiliser pour des satellites artificiels d’exploration.

Points de Lagrange. Le point L2 est entouré en vert. // Source : Wikimedia/CC/Debiansid (image annotée)

Aucun autre télescope n’a jamais été positionné à cet endroit, au point L2. Pour le JWST, cet emplacement est idéal, comme l’explique Lucie Leboulleux : « Le télescope est ainsi dans l’ombre de la Terre, par rapport au Soleil. Le flux venant du Soleil est limité et l’observation dans l’infrarouge est possible ».

Un bouclier pour le protéger encore plus

Le magnifique miroir segmenté du télescope (si grand qu’il devra être plié pour entrer dans la fusée qui va le lancer) n’est pas non plus protégé comme peuvent l’être ceux d’autres télescopes en orbite terrestre. « Il est recouvert de poussière d’or, car c’est ce qui reflète le mieux l’infrarouge », nous explique la scientifique. En dessous de ce miroir doré, le télescope est par contre bien équipé d’un bouclier protecteur, afin d’éviter autant que possible de perturber ses observations avec le rayonnement du Soleil. « Ce grand bouclier thermique sera du côté du Soleil, pour protéger des rayons thermiques et maintenir le télescope et les instruments à une température de -233°C », résume Lucie Leboulleux.

Le JWST évoluera donc au point de Lagrange 2, à une distance de 1,5 million de kilomètres de notre planète, tandis qu’Hubble est lui en orbite autour de la Terre à 560 kilomètres de distance. Cette distance vertigineuse est un prérequis pour espérer observer les premières galaxies en formation il y a 13,5 milliards d’années, mais cela signifie donc qu’aucune réparation ne sera possible dans l’espace.

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