La Chine prépare une nouvelle mission vers sa station spatiale Tiangong. Cette fois, pas d'équipage, mais de l'équipement qui servira à poursuivre son assemblage. Le départ est attendu ces prochains jours.

Pas de temps à perdre pour le programme spatial chinois : une autre mission vers la station spatiale Tiangong doit partir dans les prochains jours. Citée par les médias locaux, l’Agence en charge des vols habités (CMSA) a fait savoir le 16 septembre que la fusée Longue Marche 7 et le cargo Tianzhou étaient en train d’être acheminés vers le pas de tir de Wenchang, sur l’île de Hainan, tout au sud du pays.

Le départ doit se faire aux alentours du 20 septembre, selon les estimations actuelles. Ce vol, baptisé Tianzhou 3 (car il s’agira du troisième avec ce véhicule), surviendrait donc peu de temps après une autre mission, qui s’est finie par le retour sur Terre de trois taïkonautes le 17 septembre, après un séjour de trois mois dans la station spatiale Tiangong (« Palais céleste »).

Cette fois, il ne s’agira pas de transporter un nouvel équipage à bord de Tiangong. Le vol Tianzhou 3 est en fait une mission inhabitée consistant à dépêcher de l’équipement par cargo. Il s’avère que Tiangong est actuellement inoccupé. La prochaine navette pour les taïkonautes est attendue pour le mois d’octobre, avec la mission Shenzhou 13 — celle qui est revenue était Shenzhou 12.

Construction d’une nouvelle station spatiale chinoise

Shenzhou 12 constitue une étape très importante pour la Chine : cela faisait des années que des astronautes chinois n’étaient pas retournés dans l’espace. Il faut remonter à 2016 pour retrouver un vol habité. En outre, c’était la première fois qu’un séjour de longue durée était organisé, avec trois mois en orbite — jusqu’à présent, la présence des taïkonautes n’avait jamais excédé deux semaines.

Tout ceci est prestigieux pour le Parti communiste chinois, dont les cent ans sont célébrés cette année. Même si la Chine reste encore en retrait par rapport aux États-Unis, ses progrès sont fulgurants et indéniables. Elle a par exemple réussi à boucler un retour d’échantillons lunaires fin 2020. Elle a aussi déployé un astromobile ; Zhurong, à la surface de Mars en début d’année.

Rendu à l’échelle de la grande station spatiale modulaire chinoise. // Source : Wikimedia/CC/Saggittarius A

Tiangong constitue la troisième station spatiale construite par la Chine. Elle est aussi la plus ambitieuse. Il y a d’abord eu Tiangong-1, qui a été opérationnelle de 2011 à 2018, puis Tiangong-2, entre 2016 et 2019. Tiangong-3 a des dimensions proches de celles de Mir, l’e-station spatiale soviétique. La Station spatiale internationale (ISS) est en revanche bien plus grande.

Shenzhou 12 constituait la première mission habitée dans Tiangong-3. Celle-ci doit être opérationnelle pendant une quinzaine d’années et doit compter trois modules. Outre Tianhe, qui est déjà en place, deux autres structures sont planifiées avec Wentian et Mengtian, qui seront lancées en 2022. En parallèle, d’autres missions habitées (Shenzhou) et inhabitées (Tianzhou) surviendront.

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