La Chine s'apprête à renvoyer des taïkonautes dans l'espace : une mission de longue durée doit partir le 17 juin pour rejoindre l'embryon de la nouvelle station spatiale chinoise pour une durée d'environ trois mois. La dernière fois qu'un équipage chinois est allé dans l'espace, c'était en 2016.

Après une longue interruption, les taïkonautes s’apprêtent à retourner dans l’espace, et cette fois ils y vont pour y rester longtemps. Une mission spatiale habitée et supervisée par l’agence spatiale chinoise CNSA doit partir de Chine le 17 juin 2021 en direction de la station spatiale chinoise. Celle-ci est en cours de construction et un premier module, Tianhe, est déjà en orbite depuis ce printemps, à la suite d’une mission partie en avril dernier.

Une première pour la Chine

C’est la première fois depuis 2016 que des astronautes chinois retournent dans l’espace. La dernière fois, c’était lors de la mission Shenzhou 11, qui s’est déroulée du 17 octobre au 18 novembre. À l’époque, ces 32 jours représentaient un record de présence dans l’espace pour des taïkonautes : leurs précédents séjours ne dépassaient jamais les deux semaines et rarement les six à sept jours.

La mission Shenzhou 12 va surclasser de très loin ce seuil : il est effectivement prévu que les trois voyageurs masculins annoncés pour ce vol (Nie Haisheng, Deng Qingming et Ye Guangfu) restent près de trois mois en orbite à bord de Tianhe, avant de rentrer courant septembre 2021. Nie Haisheng est le plus expérimenté des trois, car il a déjà participé aux missions Shenzhou 6 et 10. Les deux autres sont encore des « bleus ».

Le départ s’effectuera avec une fusée Long March 2F depuis la base de lancement de Jiuquan, qui se trouve en Mongolie intérieure, dans le désert de Gobi, au nord du pays. La station chinoise, qui se nomme Tiangong, ce qui signifie «  Palais céleste » gravite autour de la Terre en orbite basse, à près de 400 km d’altitude — c’est aussi à cette hauteur qu’on trouve l’ISS.

Plusieurs objectifs doivent être atteints lors de ce séjour de trois mois : d’abord, démontrer la capacité de la Chine à maintenir longtemps un équipage dans l’espace. Ensuite, sur un plan plus pratique, il s’agit aussi d’aménager Tianhe pour qu’elle corresponde aux besoins du CNSA et soit prête et fonctionnelle pour les équipages ultérieurs. Il s’agit aussi de la préparer en prévision des futures évolutions de Tiangong : car plusieurs modules vont être assemblés les uns aux autres.

Rendu à l’échelle de la grande station spatiale modulaire chinoise. // Source : Wikimedia/CC/Saggittarius A

Vers des collaborations à l’international ?

Au total, Tiangong, dont la carrière opérationnelle doit durer une quinzaine d’années, doit compter trois modules : outre Tianhe, deux autres structures — des laboratoires — sont prévues avec Wentian et Mengtian, qui seront lancées en 2022. D’ici là, il est prévu au moins une autre mission habitée d’ici la fin de l’année 2021 (Shenzhou 13) et une autre en 2022 (Shenzhou 14) et deux missions inhabitées à des fins de ravitaillement (Tianzhou 3 et 4). D’autres suivront après Wentian et Mengtian.

Pour l’heure, seuls des taïkonautes prendront part à des missions habitées vers Tiangong. Mais la Chine est disposée à accueillir des astronautes étrangers, ce qui pourrait séduire la Russie, en raison de tensions géopolitiques avec les USA. Il est aussi envisageable de voir des Européens à bord de Tiangong — des coopérations existent entre le Vieux Continent et l’Empire du Milieu dans ce domaine. En revanche, la Nasa n’a pas le droit de travailler avec la Chine, ce qui exclut la perspective de voir des Américains sur Tiangong. Sauf si la loi change.

La station spatiale Tiangong n’est pas la première que construit la Chine. Il s’agit en fait de la troisième et la plus importante du programme : précédemment, il y a eu Tiangong-1, qui a été opérationnelle de 2011 à 2018, et Tiangong-2, entre 2016 et 2019. En termes de taille, Tiangong-3 est relativement similaire à Mir, l’ancienne station spatiale soviétique. Elle est par contre bien plus petite que l’ISS.

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