La sonde Juno réalise un survol rapproché de Ganymède, la plus grosse lune de tout le système solaire, le lundi 7 juin 2021. Le vaisseau doit passer à moins de 1 038 kilomètres du satellite naturel de Jupiter.

Plus de 20 ans se sont écoulés avant qu’une nouvelle sonde ne s’approche aussi près de Ganymède. Le lundi 7 juin 2021, Juno effectue un survol de la lune de Jupiter, à 19h35 (heure de Paris, 13h35 heure de l’Est), a indiqué la Nasa le 3 juin dernier. À cette occasion, la sonde doit s’approcher de la surface du satellite naturel à moins de 1 038 kilomètres. Ce passage doit avoir lieu à la vitesse de 19 kilomètres par seconde.

La dernière fois qu’un survol comparable avait eu lieu, c’était le 20 mai 2000 : la sonde spatiale Galileo s’était alors approchée à 1 000 kilomètres de Ganymède (lors de son avant-dernier survol de cette lune). Le nouveau survol effectué avec Juno devrait être l’occasion d’obtenir des images, mais aussi des données sur la composition, l’ionosphère (zone de la haute atmosphère où les ions et électrons réfléchissent les ondes électromagnétiques) ou la magnétosphère (au-delà de l’ionosphère) de Ganymède.

Position de Juno dans le système solaire le 7 juin 2021 aux alentours de 11h20. // Source : Capture d’écran Nasa

Ganymède est la plus grande lune dans tout le système solaire. C’est aussi la seule à posséder son propre champ magnétique, à l’origine d’aurores dans les régions polaires de l’astre. Lors de son survol par Juno, il est prévu que les instruments de la sonde commencent à collecter des données environ trois heures avant le moment du passage le plus rapproché. Pour scruter la croûte glacée de la lune, les instruments suivants seront mobilisés :

  • Le spectromètre UVS (UV spectrograph), capable de prendre des photos d’aurores dans l’ultraviolet,
  • Le spectromètre JIRAM (Jupiter Infrared Aural Mapper), qui fonctionne dans l’infrarouge proche pour étudier les couches de l’atmosphère,
  • Et le radiomètre MWR (Microwave Radiometer), des antennes permettant d’obtenir des mesures d’ondes électromagnétiques.

Ils devraient aider à mieux cerner la composition, la formation et les processus encore à l’œuvre dans la surface glacée de Ganymède. Celle-ci présente des zones claires et sombres : il est possible que certaines parties soient composées de glace pure, et que d’autres soient composées de glace « sale » (peut-être mélangé à d’autres éléments).

« Faire entrer l’exploration de Ganymède dans le 21e siècle »

Avec ce survol réalisé par Juno, « nous ferons entrer l’exploration de Ganymède dans le 21e siècle », estime Scott Bolton, chercheur principal de la mission Juno et directeur de la division Science spatiale et ingénierie du Southwest Research Institute (Texas), cité dans le communiqué de la Nasa. L’agence spatiale considère que ce survol par Juno devrait aider à préparer d’autres futures missions, à savoir Europa Clipper (Nasa) et JUICE (pour JUpiter ICy moons Explorer, ESA).

Moins de 24 heures après ce survol rapproché de Ganymède, la sonde effectuera son 33e survol de Jupiter, évoluant à 58 kilomètres par seconde.

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