Le rover Curiosity de la Nasa, qui arpente le cratère Gale, a photographié de rares nuages dans le ciel de Mars. Ces images aident les scientifiques à comprendre la formation et la nature des différents nuages sur la planète rouge.

« Les jours nuageux sont rares ici car l’atmosphère est si fine et sèche, mais j’ai gardé mes appareils photo prêts et je voulais partager quelques photos récentes avec vous » : la Nasa a partagé de nouvelles images prises par son rover Curiosity sur Mars, en lui prêtant une voix imaginaire sur Twitter le 28 mai 2021. Grâce aux clichés de l’astromobile, les scientifiques peuvent ainsi étudier les nuages de Mars.

Comme l’explique la Nasa dans son communiqué, les nuages de Mars évoluent généralement au niveau de l’équateur de la planète, au moment de l’année où il fait le plus froid — lorsque Mars est au plus loin du Soleil sur son orbite. Deux ans plus tôt (soit un an plus tôt sur Mars), la présence de nuages a été remarquée au-dessus de l’astromobile Curiosity, qui roule dans le cratère Gale. Ces nuages s’étaient formés plus tôt que ce que les scientifiques anticipaient. Cette année, ils ont scruté à l’aide du rover l’apparition de ces nuages que la Nasa qualifie de « précoces », dès la fin du mois de janvier.

Nuages vus par Curiosity le 19 mars 2021, ou 3 063e sol de sa mission. // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS (image recadrée)

Nuages vus par Curiosity le 19 mars 2021, ou 3 063e sol de sa mission.

Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS (image recadrée)

Glace d’eau ou glace sèche ?

L’agence spatiale décrit les nuages vus par Curiosity comme des « bouffées vaporeuses remplies de cristaux de glace qui diffusaient la lumière du Soleil couchant ». Ces images sont bien utiles pour aider les scientifiques à comprendre comment les nuages se forment sur Mars, et à identifier pourquoi ceux-ci semblent différents. Les chercheurs ont déjà identifié un élément important, explique la Nasa : ces nuages « précoces » évoluent à des altitudes plus élevées que les autres. En général, les nuages sur Mars ne montent pas plus haut que 60 kilomètres et sont constitués de glace d’eau.

Puisque les nuages photographiés par Curiosity évoluent plus haut, où il fait plus froid, les scientifiques soupçonnent qu’ils sont composés de dioxyde de carbone gelé ou de glace sèche. Cependant, il est encore difficile de distinguer dans les images du rover quels sont les nuages de glace d’eau et ceux de glace sèche : les clichés doivent être encore analysés pour déterminer l’altitude de chaque nuage.

Nuages noctulescents vus par Curiosity le 31 mars 2021, ou 3 075e sol de sa mission. // Source : NASA/JPL-Caltech

Nuages noctulescents vus par Curiosity le 31 mars 2021, ou 3 075e sol de sa mission.

Source : NASA/JPL-Caltech

En fonction de la caméra utilisée, les nuages apparaissent différemment. Tandis qu’il est plus facile de distinguer leurs « structures fines et ondulantes » avec les images des caméras de navigation du rover (en noir et blanc), on voit mieux comment ces nuages paraissent scintiller dans les images en couleur obtenues avec la MastCam.

La Nasa décrit particulièrement deux types de nuages vus par Curiosity :

  • Les nuages noctulescents, assez élevés dans l’atmosphère, qui sont probablement composés de glace sèche. Les cristaux qui les composent captent la lumière du Soleil en train de s’estomper, au moment du coucher du Soleil, ce qui les fait briller,
  • Et les nuages « de nacre », qui ont des teintes pastel lorsque les particules présentes dans le nuage ont quasiment toutes la même taille.
Nuages « de nacre » vus par Curiosity le 5 mars 2021. // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS (photo recadrée)

Nuages « de nacre » vus par Curiosity le 5 mars 2021.

Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS (photo recadrée)

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