Perseverance a largué une plaque qui protégeait jusque là son système de collecte d'échantillons martiens. Le rover a ensuite pris une photo de ce système, montrant notamment les tubes qui serviront à stocker les roches et prélèvements du sol martien.

Le rover Perseverance a largué le couvercle qui protège son système de collecte et de stockage des échantillons martiens. Le 13 mars 2020, la Nasa a partagé des images prises par son robot, montrant que la pièce avait bien été larguée au sol. Ce même jour, Perseverance a aussi immortalisé son système de collecte de prélèvements, désormais exposé sous son ventre.

Sur les images, prises lors du 22è sol de la mission Mars 2020 (le sol est le nom du jour sur Mars), on voit distinctement les tubes qui sont destinés à recevoir les prélèvements du sol martien. L’image brute suivante a été prise avec SHERLOC, l’instrument situé au bout du bras du rover. Le cliché permet également de distinguer la coque qui protège l’hélicoptère Ingenuity, comme l’a mentionné Thomas Appéré, docteur en Planétologie à l’Université de Grenoble, sur Twitter.

Le système de collecte d’échantillons de Perserance, une fois la plaque de protection larguée. En rouge : les tubes. En bleu : la protection d’Ingenuity. // Source : NASA/JPL-Caltech, annotations Numerama

Un système complexe conçu en 7 ans

La principale mission de Perseverance sur Mars consiste à collecter des échantillons du sol et des roches de la planète, dans la perspective de les rapporter un jour sur Terre. Les prélèvements doivent être enfermés dans des tubes et seront déposés à la surface de la planète, afin qu’une autre mission vienne les récupérer. C’est le « ventre » du rover qui abrite les équipements nécessaires au stockage de ces prélèvements. Il contient un total de 43 tubes. Le bras robotisé de Perseverance devra forer le sol, tandis qu’un plus petit bras situé sous le rover devra bouger les tubes puis les stocker dans l’astromobile.

Comme le détaille la Nasa dans cette vidéo de présentation du système de collecte d’échantillons, mise en ligne en juin 2020, il a fallu 7 ans aux équipes du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa pour concevoir ce système complexe.

Au total, il a fallu créer trois robots différents :

  • le bras robotisé à l’avant du rover (qui réalise les forages),
  • un carrousel (qui récupère les prélèvements)
  • et le plus petit bras robotisé sous le rover (qui déplace les prélèvements jusqu’à leur stockage).

La complexité est d’autant plus grande que le rover doit pouvoir réaliser ces tâches de façon autonome.

Des tubes témoins pour faire face au risque de contamination

En plus de concevoir un système autonome, la Nasa a aussi dû travailler pour éviter autant que possible la contamination des échantillons récoltés. Des mesures ont été mises en place pour éviter de souiller les prélèvements martiens avec des éléments d’origine terrestre, qui pourraient être amenés par inadvertance sur Mars avec le robot. En plus des tubes de stockage des échantillons, Perseverance embarque des tubes « témoins », qui contiennent des matériaux capables de capter des « contaminants moléculaires », comme l’explique l’agence spatiale sur le site de la mission. Ces contaminants peuvent par exemple être des gaz issus de matériaux qui pourraient se trouver sur le rover, des restes chimiques issus de l’atterrissage, ou n’importe quelle matière (organique, ou non) qui aurait pu se poser sur la planète avec le rover.

Ces tubes témoins seront exposés à l’environnement martien au cours de la mission, mais ils ne recueilleront pas d’échantillons. Par contre, ils seront eux aussi scellés et stockés pour repartir un jour sur Terre. De cette façon, les scientifiques auront un moyen de faire des comparaisons, pour voir s’il y avait ou non des contaminants d’origine terrestre avec Perseverance, lorsque les échantillons ont été collectés. On pourra ainsi déterminer si des matériaux que l’on pourrait penser venir de Mars risquent en fait de venir de la Terre.

La mission du retour des échantillons sur notre planète n’est pas encore entièrement décidée. Elle pourrait avoir lieu en 2026 : la Nasa et l’ESA (agence spatiale européenne) ont commencé à songer aux modalités de ce retour des prélèvements sur Terre.

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