« En l'absence de mesures de contrôle renforcées, une croissance rapide des cas est attendue dans les semaines à venir », soulève un rapport de l'Inserm, dressant 3 scénarios quant à l'impact du variant anglais sur les hospitalisations.

Alors que la pandémie recule globalement dans le monde depuis cinq semaines, en cette mi-février 2021, les variants du coronavirus SARS-CoV-2 restent un important sujet de préoccupation. Les variants dits anglais et sud-africains augmentent en effet la contagiosité du pathogène, ce qui risque d’accroitre le taux de reproduction — le nombre de personnes contaminées par une personne positive.

Il semblerait que, tandis que la présence de la souche traditionnelle du virus décroit, celle des variants s’accroisse. Pour l’instant, en France, cette épidémie à double vitesse génère un équilibre, si ce n’est un recul épidémique. Mais dans quel sens la situation va-t-elle évoluer au fil des prochaines semaines ?

L’impact du variant sur les hospitalisations

Dans un rapport publié le dimanche 14 février, l’Inserm s’inquiète de la possibilité d’une troisième vague qui pourrait survenir au printemps prochain, fin mars, si le variant anglais devient majoritaire. S’il venait à supplanter majoritairement la souche classique, ce qui est bel et bien en train d’advenir progressivement, alors une croissance rapide des cas est à prévoir en mars, soulève le rapport.

La préoccupation de l’Inserm repose principalement sur les conséquences hospitalières d’un tel pic dans les contaminations. En cas de propagation majoritaire du variant anglais, les admissions hebdomadaires à l’hôpital pourraient atteindre 15 000 début mars puis plus de 25 000 dans la deuxième quinzaine du mois.

Les scientifiques de l’Inserm ont alors conduit des simulations pour les semaines à venir, dressant trois scénarios. Ces derniers, affichés sur le graphique ci-dessous, projettent trois situations différentes dans les admissions à l’hôpital.

En haut, la France entière, en bas, l’Ile de France. // Source : Inserm

En haut, les courbes appartiennent à la France entière ; en bas, à l’Île-de-France. Les courbes vertes, pleines, correspond à la progression du variant B.1.1.7 (variant anglais) ; les courbes vertes sous forme de tirets correspondent à la progression de la souche classique ; les courbes noires correspondent à la progression globale (incluant souche classique et variant anglais). Les points noirs, quant à eux, désignent les données précédentes servant à la simulation statistique.

De gauche à droite :

  • Tableau de gauche : situation dans laquelle les mesures sanitaires seraient prochainement renforcées. On constate alors que la souche classique chute drastiquement, et la progression du variant s’intensifie, mais modérément. Il en résulte une situation épidémique certes en progression, mais sans pic important d’hospitalisations.
  • Tableau du milieu : situation dans laquelle les mesures sanitaires restent inchangées — statuquo par rapport à aujourd’hui. La progression du variant est bien plus prononcée et la trajectoire globale de l’épidémie s’aggrave avec davantage d’hospitalisations.
  • Tableau de droite : situation (improbable à l’heure actuelle en France) d’un allègement prochain des mesures sanitaires. Dans ce cas, le variant anglais explose et la souche classique est moins freinée, conduisant à un très grave pic hospitalier.

D’après les modélisations également fournies dans le rapport, le variant anglais pourrait devenir dominant en France à partir de la semaine 9 de l’année (1er mars), et commencer à s’imposer comme majoritaire en Île-de-France au cours de l’actuelle semaine 7 (15 février). De fait, selon l’Inserm, c’est «  en l’absence d’une distanciation sociale plus rigoureuse et plus intense » que le variant B.1.1.7 « connaitra une croissance rapide dans les semaines à venir ». Si l’organisme reconnait que l’augmentation vaccinale va jouer un rôle, il rappelle pour autant que « son effet d’atténuation devrait devenir important à partir d’avril ».

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