En mai 2021, la sonde OSIRIS-REx quittera définitivement le voisinage de l'astéroïde Bennu. Avant ce départ vers la Terre, la Nasa a prévu un dernier survol de l'objet. À l'origine, cette étape n'était pas au programme.

La mission OSIRIS-REx s’approchera une dernière fois de l’astéroïde Bennu avant de lui faire ses adieux. La Nasa a confirmé le 8 février 2021 que cet ultime survol doit avoir lieu le 7 avril prochain, avant un départ le 10 mai suivant. Ce rapprochement n’était pas prévu dans le programme initial de la mission.

Pourquoi avoir décidé d’ajouter cette étape supplémentaire ?

Tout l’intérêt sera de pouvoir comparer la zone où un échantillon a été collecté par la mission, par rapport à l’aspect qu’elle avait avant que ce prélèvement n’ait lieu. Le 20 octobre dernier, OSIRIS-REx est parvenue à toucher l’astéroïde. La sonde a alors émis de l’azote pour perturber la surface de l’objet, au niveau du site de collecte baptisé Nightingale. L’échantillon obtenu par la sonde s’est avéré si imposant qu’une partie était en train de s’échapper lentement de la tête d’échantillonnage. Le prélèvement a ensuite pu être mis en sécurité.

Vue de la mission OSIRIS-REx collectant l’échantillon sur Bennu. // Source : Capture d’écran YouTube Nasa Goddard

Maintenir une distance de sécurité tout en observant Bennu

Comme l’explique la Nasa, l’équipe en charge de la mission OSIRIS-REx vient d’achever une analyse pour s’assurer qu’une trajectoire permettant d’observer le site Nightingale à une distance de 3,8 kilomètres était sécurisée. L’objectif est de maintenir une distance de sécurité entre la sonde et l’astéroïde, tout en permettant aux instruments scientifiques de mener des observations. Le survol ultime de Bennu devrait beaucoup ressembler à une phase d’observation qui avait été menée en 2019. Pour rappel, au début de l’année, OSIRIS-REx avait cartographié Bennu pour déterminer ses caractéristiques. La deuxième partie de 2019 avait surtout constitué en une phase de reconnaissance afin de choisir un site de prélèvement.

Pendant la phase de survol, OSIRIS-REx doit mener cinq manœuvres différentes. Depuis la collecte qui a eu lieu en octobre, la sonde a dérivé loin de Bennu et s’est retrouvée à une distance d’environ 2 200 kilomètres de l’objet, mentionne la Nasa.

  • Il y a d’abord un freinage pour mettre le vaisseau sur une trajectoire lui permettant de s’approcher de Bennu. Cette étape a déjà eu lieu le 14 janvier,
  • Ensuite, une autre manœuvre d’approche aura lieu le 6 mars, quand la sonde sera à 250 kilomètres de Bennu,
  • Trois autres manœuvres, que la Nasa ne détaille pas, permettront enfin de placer la sonde sur la trajectoire précise nécessaire au survol du 7 avril.

La surface de Bennu a dû être modifiée

La sonde devrait photographier Bennu au cours d’une rotation complète (un peu plus de 4 heures), afin d’avoir à la fois des images des hémisphères de l’astéroïde et de la zone située au niveau de son équateur. Les clichés obtenus seront ensuite comparés aux images capturées en 2019. Le but est de pouvoir observer comment le contact de la sonde a modifié le site d’échantillonnage. Lors de la collecte, la tête d’échantillonnage s’est enfoncée à environ 48 centimètres dans la surface de Bennu. La surface a aussi dû être perturbée lors du recul de la sonde.

Si tout se passe comme prévu, OSIRIS-REx quittera définitivement le voisinage de Bennu en mai, pour entamer un voyage de 2 ans de retour vers la Terre. Les échantillons devraient être livrés dans le Polygone de test et d’entraînement de l’Utah (une zone utilisée par l’armée américaine pour des tests, qui a déjà servi à accueillir les échantillons d’une autre mission, Stardust, en 2006) le 24 septembre 2023.

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