Le coronavirus semble avoir une plus forte persistance que le virus de la grippe sur la peau humaine, ce qui met en évidence l'importance de l'hygiène durant cette crise sanitaire.

Se laver les mains est un geste barrière peut-être trop sous-estimé contre le coronavirus au quotidien : son rôle est crucial. C’est d’autant plus le cas au regard d’une nouvelle étude, parue début octobre 2020 dans Clinical Infectious Diseases. Ce travail de recherche vient confirmer une forte persistance du coronavirus sur la peau, tout en apportant quelques données pertinentes sur la durée de cette persistance et ses limites.

Le premier chiffre avancé par les auteurs : 9 heures (moyenne au sein de l’intervalle 7.96–10.2h). C’est le temps total de survie qu’ils ont pu observer, et c’est une durée « significativement plus longue » que pour d’autres pathogènes infectieux. Par comparaison, le virus de la grippe (influenza A) persiste jusqu’à 2h maximum. Étant donné que l’étude de la persistance d’un tel pathogène sur la peau humaine est dangereuse, les auteurs se sont basés sur la seule méthode possible : l’analyse post-portem.

L’efficacité du gel hydroalcoolique

«  La survie de 9 heures du SARS-CoV-2 sur la peau humaine peut augmenter le risque de transmission par contact (…) accélérant ainsi la pandémie », constatent les auteurs de l’étude. Il faut en effet relever que nous avons fréquemment tendance à nous toucher le visage — bouche, nez, yeux, oreilles — jusqu’à des dizaines de fois par heure, alors que ce sont des points d’entrées pour la contamination.

Le lavage des mains est essentiel et donc être fait avec soin pour éliminer le potentiel pathogène des mains. // Source : Pixabay

Les scientifiques à l’origine de l’étude contrastent toutefois avec une donnée encourageante : comme pour le virus de la grippe, le coronavirus SARS-CoV-2 est inactivé en 15 secondes par l’utilisation d’une substance désinfectante telle que le gel hydroalcoolique. L’inactivation du coronavirus sur la peau est plus rapide, d’après ces résultats, que sur d’autres surfaces comme l’acier inoxydable, le verre borosilicaté et le polystyrène. Lorsqu’un virus est inactivé, cela signifie qu’une réaction physique ou chimique l’a rendu incapable de toute infection, sans qu’il disparaisse. C’est ainsi que les échantillons sont traités dans l’analyse PCR, par traitement à la chaleur, pour protéger les techniciens de laboratoire.

Puisqu’il n’est pas si simple de songer à moins se toucher le visage, même s’il faut essayer, « une bonne hygiène des mains est importante pour éviter la propagation des infections causées par le coronavirus SRAS-CoV-2 », concluent les chercheurs à partir des chiffres obtenus dans leur étude. Les 15 secondes avant l’inactivation du virus viennent d’ailleurs rappeler que le lavage des mains, que ce soit au savon ou bien au gel hydroalcoolique, ne peut pas être expédié brièvement. Il s’agit de prendre le temps de malaxer l’intégralité des mains, pendant une trentaine de secondes, sans oublier des surfaces telles que le bout des doigts ou le pouce. « Se laver les mains correctement prend aussi longtemps que changer deux fois la comptine ‘Joyeux anniversaire’ », rappelle l’Organisation mondiale de la santé.

Le coronavirus SARS-CoV-2 semble être un pathogène infectieux particulièrement résistant dans l’ensemble. Une récente expérience de laboratoire avançait une durée de 28 jours pour la persistance sur des surfaces lisses, comme le verre ou les billets. Ce chiffre ne reflète pas la réalité, mais des conditions de laboratoire « idéales » pour le virus, mais cela venait déjà accentuer l’importance de l’hygiène face à un virus aux bonnes capacités de survie sur différents milieux de la vie quotidienne.

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