Il semblerait que durant ce match de hockey sur glace, une personne infectée en ait contaminé 13 autres. C'est un « événement de super-contamination » qui vient rappeler, d'après le CDC, que certains événements sportifs sont particulièrement à risques.

Les clusters, ou foyers de contamination, sont des lieux où une à plusieurs personnes infectées vont transmettre le coronavirus à plusieurs autres personnes. Le foyer est  favorisé par la configuration du lieu concerné, souvent caractérisée par une certaine promiscuité physique — de nombreuses personnes rassemblées dans une salle fermée, peu aérée. Les événements rassemblant du monde en intérieur sont donc des foyers potentiels si les gestes barrières ne sont, qui plus est, pas adoptés ou pas adoptables).

Le CDC (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies) américain vient de publier, ce 16 octobre 2020, son rapport sur un cluster identifié lors d’un événement sportif. C’était un match de hockey sur glace, tenu en juin, dans l’État de Floride. Deux équipes masculines s’affrontaient, de 11 personnes chacune soit 22 joueurs en tout, âgés de 19 à 53 ans.

Le rapport du CDC met en évidence l’importance de ce foyer comme étant particulièrement représentatif des risques en cas d’événement sportif en intérieur : « La grande proportion des infections qui ont eu lieu dans ce foyer épidémique ajoute des preuves à la transmission du SARS-CoV-2 pendant une activité sportive en intérieur, où une activité physique intense a lieu. »

Que s’est-il passé ?

En matière de configuration, les deux équipes se sont affrontées pendant 60 minutes sur la glace sans porter de masques — en dehors de leur masque de hockey, sous forme de grillage métallique, utile pour éviter les coups de crosse mais évidemment sans utilité contre les virus.

Le hockey sur glace est un sport avec une forte proximité physique. // Source : Pexels

Le hockey est un sport de proximité. Plusieurs joueurs s’approchent régulièrement sur la patinoire, à moins d’un mètre, pour se disputer le palet. À la durée de jeu, s’ajoute celle passée dans les vestiaires : 20 minutes. Chaque équipe avait un vestiaire séparé, mais aucun masque n’était porté au sein de ceux-ci. Les joueurs étaient par ailleurs à proximité sur le banc de touche.

«  Le hockey sur glace implique un effort physique vigoureux accompagné d’une respiration profonde et lourde. Pendant le match, les joueurs se déplacent fréquemment de la glace vers le banc de touche tout en continuant à respirer fortement », précise le CDC, ajoutant que « la patinoire est un lieu plutôt bien adapté à la transmission de Covid-19, en tant qu’environnement intérieur où des respirations profondes adviennent, et où les personnes sont proches les unes des autres ». Or, de fortes expirations durant l’exercice physique auraient tendance à émettre de plus hautes charges virales.

C’était un « événement de super-contamination »

Au total, 15 personnes en sont ressorties malades du coronavirus. Un premier joueur a ressenti des symptômes dès le lendemain, et a été testé positif peu après. Quatre jours après le match, 13 joueurs ont développé des symptômes qui seront ensuite validés par un test PCR, dont 8 joueurs de l’équipe du premier ainsi qu’un technicien. Cette chronologie des infections suppose le plus probablement, d’après l’analyse du CDC, que le premier joueur était la personne originellement infectée, et qu’elle a contaminé les autres durant sa phase présymptomatique.

Comme le montre ce schéma du CDC, une première personne semble en avoir contaminé 13 autres. // Source : CDC

Seules les personnes symptomatiques ayant été testées, il n’est pas totalement impossible qu’il y eut d’autres contaminateurs originels. Cela dit, le CDC rappelle que la configuration de l’événement était propice à un « événement de super-contamination », lorsqu’une seule personne infectée contamine, au même moment dans le même lieu, plusieurs personnes.

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