Après des rumeurs, le Président Emmanuel Macron l'a finalement confirmé : un couvre-feu sera mis en place à partir du samedi 17 octobre.

À partir du 17 octobre 2020, un couvre-feu va s’appliquer en Île-de-France, dont Paris, ainsi que dans 8 métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne, Toulouse. La France rejoint ainsi l’Allemagne, qui fait de même depuis le 10 octobre dans les grandes villes, en raison d’une recrudescence du nombre de contaminations à la maladie Covid-19.

La couvre-feu a cela de spécifique qu’il vise une période de la journée, à savoir la nuit. Celui qui va s’appliquer en France durera de 21h à 6h (il est de minuit à 5h en Guyane). Cette mesure peut alors paraître contre-intuitive : pourquoi donc faudrait-il freiner le coronavirus la nuit, quand l’on peut tout autant croiser des personnes contaminées en journée, au travail, dans les magasins, dans les transports ? Le coronavirus n’est évidemment pas plus virulent la nuit : la problématique est épidémiologique, les enjeux nocturnes ne sont pas les mêmes qu’en journée.

Éviter la circulation du virus dans les cercles privés

Un couvre-feu dans un contexte sanitaire va viser un type bien précis de cluster potentiel : les soirées alcoolisées. Emmanuel Macron a d’ailleurs indiqué que les « soirées festives » sont visées car « vecteurs d’accélération » de l’épidémie. Elles relèvent d’une configuration très particulière, en raison de la promiscuité physique que cela implique. En soirée, dans un bar ou dans un lieu privé, au cinéma, au théâtre, plusieurs personnes se retrouvent proches, le plus souvent sans masques et sans gestes barrières, d’autant plus que l’alcoolisation n’aide évidemment pas à maintenir une attention soutenue envers ces problématiques. Ces soirées sont particulièrement présentes chez les populations jeunes, or le virus circule très activement chez les 20-29 ans, générant des clusters après des soirées étudiantes par exemple.

Les soirées nocturnes ne sont pas les plus propices à la vigilance envers les gestes barrières. // Source : Pexels

Marc Del Grande, préfet de la Guyane où le couvre-feu existe depuis plusieurs mois, résumait les choses ainsi : « Cela évite des contacts sociaux quelquefois alcoolisés, une possibilité de clusters… », ajoutant également que « moins nous avons d’accidents de la route plus notre système hospitalier est stable pour gérer le covid et être capable de faire face à une éventuelle remontée ».

En Allemagne, Michael Müller, le maire de Berlin, a précisé que cette mesure, difficile à vivre pour une partie de la population et tendue économiquement pour les restaurateurs, visait toutefois à empêcher un reconfinement. Le couvre-feu se place comme mesure intermédiaire. «  Ce n’est pas le moment de faire la fête. Nous pouvons et nous voulons empêcher un autre confinement. » Le couvre-feu concerne tous les rassemblements en intérieur, limités à 10 personnes maximum, ainsi que les rassemblements hors du foyer, limités à 5 personnes.

Du côté de la Belgique, il n’y a pas de couvre-feu à proprement parler, mais des « bulles sociales » limitées à 5 puis à 3 personnes. L’objectif est sensiblement le même, mais appliqué dans toutes les strates de la vie quotidienne : vous ne pouvez (en théorie) voir que quelques personnes prédéterminées, ce qui évite de propager la maladie de groupe social en groupe social.

La raison d’être d’un couvre-feu ou de bulles sociales est d’essayer de répondre à une problématique épidémiologique : le virus circule facilement dans les cercles privés, là où l’attention est relâchée, alors comment maintenir la vigilance sans en passer par un confinement ni sans immixtion dans la vie privée ? Un équilibre difficile à trouver, d’autant que la situation économique des restaurateurs ne peut être exclue de l’équation : en Allemagne, un collectif de bars a déposé un recours.

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