Des scientifiques ont travaillé sur la chitine, une substance qui constitue la carapace rigide d'insectes, pour créer un matériau. D'après eux, on pourrait s'en servir pour créer des habitats martiens, dans une perspective respectueuse de l'environnement.

Faire atterrir un humain sur Mars d’ici 2033 est l’ambitieux projet de la Nasa. Pour y parvenir, il faudra que des habitats soient prêts à recevoir une mission habitée sur la planète rouge. Mais la question de leur construction est épineuse. Parmi les interrogations, il y a celle du matériau à employer. Une équipe de scientifiques propose de se servir de la chitine, un matériau présent dans la cuticule d’insectes ou l’exosquelette de crustacés. Leurs travaux, repérés par Wired, sont parus dans la revue PLOS One le 16 septembre 2020.

Imperméable, solide et dure, la chitine recouvre le corps des arthropodes (des animaux constitués d’anneaux durs qui sont articulés entre eux). La chitine est une protéine, qui constitue la carapace rigide entourant le corps de ces animaux. D’après les auteurs, cette substance pourrait assurer « la fabrication rapide d’objets allant d’outils de base aux abris, peut-être même rigides ».

Expériences menées par les scientifiques. // Source : Ng Shiwei, Stylianos Dritsas, Javier G. Fernandez

L’idée est de se servir de cette chitine pour concevoir ce qu’ils nomment un « biolite martien » (une roche formée de restes d’organismes ou à partir de l’action d’organismes). Les chercheurs ont utilisé du chitosane, une substance obtenue à partir de la chitine (en l’occurence, de crevette). Ce chitosane a été été dissous dans un peu d’acide acétique, puis combiné avec de l’hydroxyde de sodium, un minéral qui peut être obtenu sur Mars, selon les scientifiques. Pour tester les propriétés de ce matériau, divers objets ont été façonnés.

Un matériaux « produit et utilisé avec des besoins énergétiques minimaux »

Les scientifiques ont notamment repris une idée proposée par AI Space Factory pour la création d’un habitat martien sous le nom de « MARSHA ». Le projet consiste en une sorte de tour, haute et étroite, avec une forme qui peut rappeler cette d’un œuf. Les auteurs de la nouvelle étude ont cherché à voir s’il leur était possible d’assembler cet habitat, prévu pour être imprimé en 3D, en utilisant la chitine. Ils sont parvenus à imprimer en 48 heures une structure de 5 mètres (visible ci-dessus dans l’image E).

Les chercheurs estiment que leur matériau pourrait être « produit et utilisé avec des besoins énergétiques minimaux », limitant ainsi le besoin d’envoyer des matières premières pour la conception d’habitats sur Mars. Ils envisagent cette solution dans une perspective environnementale. « Le développement de solutions en boucle fermée et zéro déchet pour lutter contre le développement non durable sur la Terre peut aussi être la clé de notre développement en tant qu’espèce interplanétaire », écrivent les scientifiques.

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