La Haute Autorité de Santé approuve l'utilisation des salivaires pour dépister le coronavirus, mais à condition de respecter un certain cadre d'emploi.

Il existe désormais une nouvelle manière « approuvée » de détecter la présence de la maladie covid-19 dans l’organisme : les tests virologiques sur prélèvement salivaire. La Haute Autorité de Santé a rendu vendredi 18 septembre un avis favorable sur leur utilisation en France, en plus du prélèvement naso-pharyngé, avec un écouvillon à glisser au fond du nez et du test sérologique, qui vise à vérifier l’existence éventuelle d’anticorps.

Cependant, l’avis rendu par la Haute Autorité de Santé est accompagné de conditions :

  • ce test ne vise que les personnes symptomatiques,
  • qui n’ont pas été hospitalisées
  • et dont les symptômes sont apparus depuis moins de sept jours.

«  L’étude des données scientifiques, a permis de déterminer la fiabilité de ces tests. Réalisée sur des personnes symptomatiques, leur sensibilité est inférieure à celle des tests naso-pharyngés. Toutefois, cela peut être acceptable pour certaines situations, où cette perte de sensibilité peut être compensée par un nombre accru de tests réalisés ou relativisée par l’acceptabilité du test », écrit l’instance.

De préférence, poursuit la HAS, ces tests doivent viser plutôt des publics spécifiques, comme de jeunes enfants, des personnes âgées ou bien des individus atteints de trouble psychiatrique, entre autres — des publics pour lesquels le test sur prélèvement naso-pharyngé serait trop difficile à mettre en œuvre, à cause d’une acceptabilité trop faible du prélèvement.

« Pour tous les autres cas, notamment asymptomatiques : le prélèvement naso-pharyngé reste le test de référence », continue l’autorité publique. La raison ? En se basant sur des résultats préliminaires d’une étude (COVISAL) ayant eu lieu en Guyane, il est apparu que les tests salivaires offrent « de très faibles performances » sur les personnes n’ayant pas de symptômes. Dans 3 cas sur 4, le coronavirus n’était pas détecté.

Dépistage du coronavirus. // Source : Pixabay

Des résultats obtenus rapidement

L’option salivaire a pour elle quelques atouts : le prélèvement est présenté comme plus facile à mettre en œuvre et moins désagréable pour le patient (car il n’y a pas d’écouvillon à insérer dans le conduit nasal). Il réduit aussi les risques de contamination du personnel soignant. Et enfin, il est plus rapide. Il ne faut que quelques dizaines de minutes pour obtenir un résultat, contre des heures ou des jours pour les autres approches.

L’objectif est notamment de désengorger certains centres de tests PCR, qui sont de plus en plus débordés dans certaines grandes villes, et où les résultats peuvent arriver jusqu’à une semaine après le test — ce qui est beaucoup trop long. Le prélèvement salivaire est réalisé par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive, explique l »autorité.

La Haute Autorité de Santé ajoute être favorable à leur remboursement pour les patients symptomatiques. Le cas des personnes asymptomatiques n’est pas évoqué, ce qui laisse entendre qu’il n’y aura pas de remboursement dans ce cas de figure. Cela étant dit, vu le très haut degré d’échec du test salivaire sur ce public, il n’y a aucun intérêt à s’en servir dans ce cadre, les résultats n’étant pas sûrs.

La Haute Autorité de Santé ajoute que « la place des tests virologiques sur prélèvement salivaire dépendra également de la place des tests antigéniques dans la stratégie diagnostique et de dépistage ». Les tests antigéniques utilisent aussi un écouvillon, avec la promesse d’un résultat en moins de 30 minutes. Cette quatrième voie, qui vise à trouver des antigènes, est « actuellement en cours d’évaluation ».

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo