Maintenant que SpaceX a assuré de bout en bout l'acheminement et le retour de deux astronautes américains entre la Terre et la Station spatiale internationale, qu'est-ce qui attend l'entreprise américaine ?

Vous l’avez peut-être suivi en direct dans la soirée du dimanche 2 août : après deux mois passés dans la Station spatiale internationale (ISS), les astronautes américains Robert Behnken et Douglas Hurley sont bien rentrés sur Terre. Après un désarrimage de la capsule Crew Dragon, dans la nuit du samedi au dimanche, l’engin a procédé à sa désorbitation au cours des heures qui ont suivi, puis a amerri dans le golfe du Mexique.

Pour SpaceX, le succès est total. Avec ce vol de retour, l’entreprise américaine a démontré sa capacité à opérer un transport d’astronautes de bout en bout, du départ depuis une aire de lancement aux USA jusqu’à la récupération de l’équipage après sa mission en orbite. Elle a ainsi validé toutes les phases intermédiaires, comme l’arrimage et le désarrimage, le rendez-vous spatial et les manœuvres en orbite.

Cette mission signe aussi le retour de l’indépendance dans l’accès à l’espace pour les USA : le décollage a eu lieu depuis une base américaine, avec une fusée américaine, opérée par une société américaine et avec un équipage américain. Finie la nécessité de devoir s’en remettre l’ancien rival russe et son Soyouz. D’autant qu’une autre entreprise se prépare aussi à être qualifiée pour les missions spatiales : Boeing.

Robert Behnken et Douglas Hurley
Robert Behnken et Douglas Hurley, sur le point d’être extraits de la capsule Crew Dragon, le 2 août. // Source : Bill Ingalls

Analysée des données, Crew 1, Crew 2…

Et maintenant ? À très court terme, il s’agissait de récupérer Robert Behnken et Douglas Hurley et de s’occuper d’eux : après deux mois passés dans l’ISS, les deux astronautes vont devoir se réhabituer à la gravité terrestre — il a d’ailleurs fallu l’aide de plusieurs techniciens de SpaceX pour les déharnacher de leur siège et les extraire de la capsule. Juste après, ils ont aussi été envoyés en visite médicale pour vérifier leur état de santé.

Pour SpaceX et la NASA, la séquence qui s’ouvre maintenant est une phase d’analyse de la télémétrie et des données de la capsule pour de son retour sur Terre, afin d’en tenir compte pour les vols futurs — cela, même si le centre de contrôle a régulièrement indiqué lors de l’approche du Crew Dragon que les paramètres étaient constamment nominaux. L’intégrité de l’engin sera aussi vérifiée pour qu’il puisse resservir.

À un horizon un peu plus lointain, c’est le premier vol opérationnel de SpaceX qui se profile. Cette mission, baptisée Crew 1 (celle de Robert Behnken et Douglas Hurley était appelée Demo 2, pour deuxième démonstration, la première ayant eu lieu l’an passé avec une Crew Dragon inoccupée), est attendue pour la fin du mois de septembre 2020, à condition que la crise sanitaire n’affecte pas trop le planning.

Robert Behnken et Douglas Hurley hélicoptère
Les deux astronautes, en transit jusqu’à la côte américaine par un vol en hélicoptère. // Source : Bill Ingalls

Son équipage est déjà constitué connu : celui-ci rassemble quatre astronautes, composé de trois hommes et d’une femme — trois Américains et un Japonais. Trois d’entre eux ont déjà effectué au moins une mission à bord de l’ISS — c’est le cas de Michael Hopkins, Shannon Walker et Soichi Noguchi –, tandis que ce sera une grande première pour le quatrième de la bande, Victor J. Glover, Jr.

Viendra ensuite la mission Crew 2, en 2021, qui recevra sans nul doute un écho particulier en France, puisque l’équipage comptera dans ses rangs le spationaute Thomas Pesquet, qui sera accompagné durant le vol par trois camarades : les Américains Robert Shane Kimbrough et K. Megan McArthur, qui ont déjà deux et un missions à leur actif, et le Japonais Akihiko Hoshide, qui en a également deux.

Thomas Pesquet a d’ailleurs repris l’entraînement aux États-Unis au cours des dernières semaines pour se remettre à niveau et se rafraichir la mémoire de toutes les procédures qu’il a à connaître — un entraînement d’autant plus nécessaire qu’il lui faut désormais se familiariser avec les procédures de SpaceX, mais aussi l’interface de l’ordinateur de bord, qui n’a plus grand-chose à voir avec celui du Soyouz.

Thomas Pesquet
Thomas Pesquet à l’entraînement sur un écran de SpaceX. // Source : SpaceX/NASA/ESA

Crédit photo de la une : Bill Ingalls

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