Si Bob Behnken et Doug Hurley seront les deux astronautes qui se trouveront à bord de la capsule de SpaceX pour la mission de démonstration Demo-2, ce sont d'autres astronautes qui effectueront la première vraie rotation entre la Terre et l'ISS à bord de la navette spatiale. On connait désormais les membres de la mission Crew-1.

À moins d’un invraisemblable coup de théâtre, c’est en 2020 que SpaceX commencera à effectuer des rotations d’équipage vers la Station spatiale internationale (ISS) au profit de la Nasa, mais aussi de ses partenaires internationaux — comme l’Agence spatiale européenne. Ce faisant, l’entreprise en astronautique redonnera du même coup aux États-Unis un accès indépendant à l’espace, qu’ils n’avaient plus depuis 2011 avec l’arrêt des navettes spatiales américaines.

Mais avant d’acheminer des astronautes vers l’ISS et de les ramener sur Terre une fois leur mission terminée, SpaceX doit réussir un dernier grand essai. Et pas n’importe lequel : il s’agit de rallier la station avec une capsule Crew Dragon dans laquelle sont présents deux astronautes volontaires, Bob Behnken et Doug Hurley, pour faire la démonstration que la société répond sans problème aux exigences de la Nasa. Ce vol décisif est pour l’instant planifié pour la deuxième moitié du mois de mai.

L’intérieur de la capsule Dragon, dans laquelle prendront place les braves. // Source : Wikimedia/CC/SpaceX Photos (photo recadrée)

Un échec est évidemment redouté dans les états-majors, tant du côté de la Nasa que de SpaceX, même s’il n’y a pas de raison que cela se passe mal, même si tous les risques ne peuvent être écartés : le cahier des charges particulièrement exigeant de l’agence spatiale américaine a obligé SpaceX à rehausser ses standards. Par ailleurs, elle livre depuis 2012 des cargos de ravitaillement à l’ISS. Elle sait y aller. Et enfin, pour parer à toute éventualité, des procédures d’évacuation d’urgence existent.

Si tout se passe sans accroc, la Nasa pourra donner son feu vert pour la première mission régulière opérée par SpaceX avec une capsule habitée. Et il s’avère que l’on connaît d’ores et déjà les quatre premières personnes qui monteront à bord pour rallier l’ISS. Deux d’entre elles ont été annoncées dès 2018 par la Nasa : il s’agit des Américains Victor Glover Jr et Michael Hopkins. Les deux autres, une Américaine et un Japonais, ont été dévoilés le 31 mars. Il s’agit de Shannon Walker et Soichi Noguri

Victor J. Glover, Jr

Né le 30 avril 1976, Victor J. Glover, Jr a rejoint la Nasa en 2013. Auparavant, il servait au sein de la Navy et a atteint le grade de commandant. Il a plus de 3 000 heures de vol au compteur et s’est retrouvé dans pas moins de 40 aéronefs (dont des F/A‐18 Hornet, Super Hornet et EA‐18G Growler). Il a aussi 24 missions de combat à son actif et 400 appontages sur des porte-avions.

Il s’agira de sa toute première mission spatiale en tant qu’astronaute et il officiera comme pilote à bord de la capsule Crew Dragon. Outre l’entraînement qu’il a reçu de la Nasa, Victor J. Glover, Jr a apporté son concours pour l’élaboration de la navette de SpaceX, rapporte la brève biographie fournie par l’agence spatiale américaine. Son entraînement d’astronaute s’est achevé en 2015.

Victor Glover Jr
Victor J. Glover Jr pendant des essais, en 2014. // Source : James Blair

Michael Hopkins

Également militaire de carrière, mais cette fois dans l’Air Force et avec le rang de colonel, Michael Hopkins est devenu astronaute en 2009. Né le 28 décembre 1968, il sera le commandant de bord de la mission Crew-1 (le nom donné à la première mission régulière opérée par SpaceX). Son entraînement pour évoluer dans l’espace et être opérationnel s’est terminé en 2011.

Contrairement à son collègue, Michael Hopkins a déjà effectué une mission à bord de l’ISS, du 25 septembre 2013 au 10 mars 2014. Au cours des 166 jours passés à près de 400 kilomètres d’altitude, l’ex-officier de l’armée de l’air a pu mener à bien deux sorties extravéhiculaires. Elles ont duré presque 13 heures au total. La mission Crew-1 sera donc sa deuxième expérience.

Michael Hopkins
Michael Hopkins, en 2012, pendant un vol d’entraînement. // Source : Nasa

Shannon Walker

Issue de la société civile, Shannon Walker est une physicienne de carrière. Elle détient entre autres une licence de physique, une maîtrise de sciences et un doctorat de philosophie en physique spatiale. Née le 4 juin 1965, elle rejoint la Nasa en 1987 au sein du centre spatial Lyndon B. Johnson. C’est en 2004 qu’elle est retenue pour devenir astronaute. Son entraînement s’achève deux ans plus tard, en 2006.

Comme Michael Hopkins, Shannon Walker a déjà eu l’occasion de se rendre à bord de l’ISS en 2010, du 15 juin au 25 novembre. Au cours des 161 jours dans la station, elle n’a pas été amenée à réaliser une sortie extravéhiculaire. Elle n’a pas pour autant chômé : elle a non seulement piloté le bras robotique pour assister ses collègues pendant leurs sorties, mais elle a aussi conduit plus de 130 expériences en microgravité.

Shannon Walker
Shannon Walker, en 2018, au Kazahkstan. // Source : Bill Ingalls

Soichi Noguchi

Ce sera le seul non-Américain à bord de la mission Crew-1. Soichi Noguchi est en effet Japonais et travaille pour le compte de la Jaxa, l’agence spatiale nipponne. Né le 15 avril 1965, il est aussi un civil. Son expertise se situe dans l’ingénierie astronautique. C’est à l’été 1996 qu’il devient un astronaute pour son pays. Ce sera le plus expérimenté du groupe, avec deux missions déjà à son actif.

C’est aussi le seul qui a connu l’époque des navettes spatiales américaines. En 2005, il participe à la mission STS-114, qui a été organisée juste après l’accident de la navette spatiale Columbia, en 2003. Ce fut aussi à ce moment-là qu’il réalisa une première sortie extravéhiculaire. Il a aussi fréquenté l’ISS entre décembre 2009 et juin 2010. Au total, il a accumulé 177 jours dans l’espace.

Soichi Noguchi à l’entraînement, en 2009. // Source : Bill Stafford

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