SpaceX est censé envoyer à la fin du mois de mars un satellite d'observation de la Terre. Mais l'armée américaine signale que les opérations sont pour l'heure suspendues.

Les États-Unis commencent à subir sévèrement les conséquences de l’épidémie de coronavirus, y compris dans le secteur spatial. Déjà le 18 mars, la NASA avait annoncé un recentrage de ses priorités sur ses grandes missions (Mars 2020, ravitaillement de l’ISS, télescope spatial James Webb, etc.). Une semaine plus tard, c’est au tour de SpaceX de se préparer à lever le pied.

Selon les informations du 45th Space Wing, que rapporte TechCrunch, le prochain vol que doit réaliser l’entreprise spécialisée dans l’astronautique depuis la base de lancement de Cap Canaveral, en Floride, est suspendu pour une durée indéterminée. SpaceX ne s’est pas exprimé sur le sujet, mais le 45th Space Wing est l’unité de l’armée de l’air américaine qui gère ce pas de tir.

Dans les jours à venir, deux tirs sont en principe planifiés : le 26 mars doit partir un lanceur Atlas V avec à son bord un satellite de communication militaire (Advanced Extremely High Frequency) pour l’armée américaine. En l’état actuel des choses, le tir est maintenu — la date est indiquée sur le site du 45th Space Wing. Puis le 30 mars, c’est au tour de la fusée Falcon 9 de décoller. En théorie.

Falcon 9 SpaceX fusée lancement
Les décollages de Falcon 9, qui se faisaient à un bon rythme, pourraient connaître un net ralentissement à cause du coronavirus. // Source : SpaceX

Incertitudes sur le calendrier

En l’espèce, SpaceX est censé réaliser une mission pour le compte de l’agence spatiale argentine avec la mise en orbite d’un satellite d’observation de la Terre (SAOCOM 1B). De son côté, le site de la base de Cap Canaveral continue, en date du 25 mars, de lister les deux tirs prévus pour la fin du mois. Un report courant avril paraît difficile, dans la mesure où la vague épidémique n’a pas encore touché pleinement les USA.

La crise sanitaire risque pour un temps de contraindre SpaceX de se limiter à ses missions essentielles, à commencer par le ravitaillement de la Station spatiale internationale — qui n’a heureusement pas besoin de l’être toutes les semaines. Elle pourrait aussi compliquer le calendrier du premier vol habité, censé avoir lieu vers la fin mai. Les autres lancements, notamment commerciaux, sont aussi menacés.

La dernière mission qu’a pu mener SpaceX s’est déroulée le 18 mars avec la mise en orbite de 60 satellites Starlink — il s’agit de sa constellation satellitaire qui proposera des services d’accès à Internet dans les régions pauvres en infrastructures de télécommunications. Sur le papier, l’ouverture commerciale est promise pour 2020, mais l’infection galopante de l’agent pathogène pourrait bien rebattre les cartes.

Partager sur les réseaux sociaux