Dans le contexte de pandémie de coronavirus, l'Agence spatiale européenne met en veille quatre de ses missions scientifiques. L'ESA entend ainsi réduire le nombre de personnes qui travaillent au Centre européen des opérations spatiales de Darmstadt.

L’Agence spatiale européenne place quatre de ses missions scientifiques « en veille sécurisée » à compter du 24 mars 2020. Dans un tweet, l’ESA annonce que cette « décision difficile à prendre » doit permettre de « réduire encore le nombre de personnes présentes sur site », dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

Les missions concernées par cette mise en veille sont les suivantes : Cluster, ExoMars Trace Gas Orbiter, Mars Express et Solar Orbiter. Ainsi, l’ESA entend réduire la présence de son personnel qui travaille au Centre européen des opérations spatiales de Darmstadt en Allemagne. Elle arrête temporairement le fonctionnement des instruments ainsi que la collecte de données réalisées par ces missions. L’agence estime, en raison des orbites stables et de la longue durée de ces missions, que cette mise en veille devrait avoir un impact limité sur les résultats globaux.

L’agence veut se concentrer sur BepiColombo

Grâce à la mise en veille de ces missions, l’ESA devrait pouvoir se concentrer sur BepiColombo, un programme d’exploration de la planète Mercure lancé en octobre 2018. La mission, réalisée conjointement avec l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA), est composée de deux orbiteurs qui doivent explorer la planète Mercure. Un survol de la Terre est prévu pour le 10 avril prochain : cette manœuvre est importante, car elle servira à ajuster la trajectoire de BepiColombo vers Mercure. Un nombre réduit d’ingénieurs sera mobilisé.

Vue d’artiste de la mission BepiColombo. // Source : ESA (photo recadrée)

La mission Solar Orbiter, qui a été lancée le 10 février dernier, va continuer à voyager vers le Soleil. Son premier survol de la planète Vénus est prévu pour décembre. L’objectif de la mission est d’aider les scientifiques à comprendre comment fonctionne l’héliosphère, une région de l’espace où s’étend l’influence du Soleil et qui englobe le système solaire.

La reprise normale des activités sera décidée mission par mission

Le programme ExoMars Trace Gas Orbiter, qui consiste en une sonde placée en orbite autour de la planète Mars, a été lancé en 2016. La sonde doit servir à étudier les gaz présents dans l’atmosphère de la planète rouge. Quant à Mars Express, la sonde a été lancée en 2003 afin de recueillir des données sur la surface de la planète (à l’aide d’un petit atterrisseur). Enfin, Cluster mobilise quatre satellites pour étudier les interactions entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre depuis 2000.

Dans les jours qui viennent, l’ESA va progressivement organiser la mise en veille de ces quatre missions interplanétaires, afin d’éviter que de nouvelles interventions soient nécessaires depuis le sol terrestre. L’ESA n’indique pas combien de temps ces mises en veille sont prévues, mais précise simplement que le choix de revenir à la normale sera pris indépendamment, pour chacune des missions, en fonction de leur complexité.

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