Les aliments présentent-ils un risque ? Faut-il porter des gants et un masque en faisant vos courses ? On répond à certaines de vos questions sur l'impact de Covid-19 au quotidien.

En pleine pandémie de Covid-19, la France est passée en confinement, afin de freiner les effets du nouveau coronavirus. Cette situation inédite implique de grands changements temporaires au quotidien. Nous avons recueilli certaines de vos questions sur les risques à prendre en considération lorsque vous faites vos courses. Voici des éléments de réponse, basés sur l’état actuel des connaissances scientifiques sur ces sujets, le 20 mars 2020.

Les aliments présentent-ils un risque ?

Les fruits, légumes ou encore la viande ne peuvent pas être porteurs de Covid-19, au sens où il n’y a pas de contamination par voie digestive. Leur surface, en revanche, peut potentiellement être un vecteur du coronavirus. Au marché ou dans une grande surface, les gens auront tendance à tâter les fruits et légumes, ou ne serait-ce qu’à les frôler par mégarde. Si une personne qui touche l’aliment est infectée par le coronavirus, elle a pu l’y déposer. Donc si vous touchez à votre tour le fruit ou le légume, puis que vous vous touchez  le visage avant de vous laver les mains, les chances que vous contractiez à votre tour Covid-19 sont bel et bien présentes.

Notre conseil : quand vous rentrez chez vous, laissez-les dans le sac. Lavez-vous les mains en priorité. Ensuite, lavez soigneusement les aliments et épluchez-les quand c’est possible. Par ailleurs, par sécurité, cuisez la viande à point : le coronavirus est sensible à la température de cuisson, qui le tuera. Enfin, si vous êtes atteint du coronavirus ou qu’il y a un doute du fait de certains symptômes, ne cuisinez pas de plat pour les autres, vous pourriez les contaminer.

Faut-il mettre des gants et porter un masque quand on va faire ses courses ?

Quand vous faites vos courses, il est possible qu’une personne infectée ait toussé ou éternué, et qu’il ait donc déposé des gouttelettes contaminées sur un emballage, sur un caddie, sur une poignée de congélateur. En posant votre main à votre tour sur ces surfaces, vous êtes en contact direct avec le pathogène. Ce n’est toutefois pas via votre main que le coronavirus va vous contaminer, mais par votre visage (bouche, narine, yeux). Pendant toute la durée des courses, il faut ainsi veiller à ne pas se toucher le visage. En rentrant, la première initiative doit être de se laver les mains soigneusement et longuement, sans oublier les pouces et les poignets.

Mettre des gants n’est pas tant que cela utile, car ils font office de seconde peau : cela ne change rien au problème que nous venons de décrire. À vrai dire, cela peut même accroître les risques, puisque cela peut faire oublier certaines précautions. Le danger est de se toucher le visage en se croyant protégé, ou de disséminer le virus chez soi via les gants.

L’usage du masque est dorénavant recommandé dans les espaces publics car, même si les modèles publics servent surtout à protéger les autres, n’oublions pas que de nombreux cas de Covid-19 sont asymptomatiques ; ils restent par ailleurs mieux que rien pour protéger les autres. Face à la pénurie de masques chirurgicaux, vous pouvez adopter un masque en tissu. De nombreuses villes en distribue. Vous pouvez aussi opter pour un masque fait maison mais il faut respecter certains critères. Attention, un masque ne doit pas dispenser des autres gestes barrière, au contraire, c’est l’ensemble qui vous protège et protège les autres.

Comment laver mes vêtements quand je rentre ?

Une bonne hygiène permet de se prémunir au mieux contre Covid-19. Laver vos vêtements quand vous rentrez est, effectivement, une idée judicieuse. Le coronavirus persiste probablement plusieurs heures sur les tissus, même si aucun chiffre solide ne peut être avancé, et que l’on n’a pas non plus de précision en fonction du type de tissu. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le virus meurt au-delà de 56 degrés (c’est la température de stérilisation des outils médicaux). L’idéal est donc de laver les vêtements à 60 degrés. Il n’y a pas de certitude que le coronavirus soit éliminé si les vêtements sont lavés en-deçà de cette température.

Les colis et les emballages sont-ils vecteurs du coronavirus ?

En plein confinement, les livraisons sont autorisées à se poursuivre «  sous condition de mesures de livraison sans contact avec le client final ». Cela dit, est-ce bien sécurisé de se faire livrer en cette période ?

Il n’existe pas à l’heure actuelle de certitude scientifique absolue sur la durée de persistance du coronavirus en fonction des surfaces. On sait, par expérience des coronavirus, que cela tourne autour de quelques heures, et que la « force » du pathogène diminue avec le temps. Une étude récente du National Institute of Health suggère que le coronavirus SARS-CoV-2 persisterait 24h sur du carton et trois jours sur du plastique. À noter également que lorsqu’un colis voyage d’une région à une autre, un temps assez long passe entre le moment où une personne contaminée a pu le toucher et le moment où il est reçu. Il passe aussi par différents environnements, différentes conditions de température, la survie du coronavirus est difficile.

Pour autant, et face aux incertitudes, il faut prendre vos précautions. Quand vous recevez le colis, déballez-le assez rapidement pour en jeter l’emballage. Ensuite, c’est toujours la même nécessité : lavez-vous soigneusement les mains. Le lavage des mains doit être une pratique régulière, qui ne tient pas seulement lorsque vous faites des courses. Une dernière précision à ce sujet, d’ailleurs : quand vous achetez en Drive, les produits viennent souvent des rayons des magasins, ce faisant, les mêmes conditions d’hygiène s’appliquent.

Est-ce que je risque d’attraper le virus si je respire l’air ambiant ?

Dans un contexte anxiogène, beaucoup se posent la question, mais la réponse est bel et bien non : il n’est pas possible d’attraper le coronavirus en respirant l’air ambiant. Le coronavirus n’est pas n’importe où dans l’environnement. La distanciation sociale d’au moins  un mètre est nécessaire car le pathogène circule essentiellement dans les gouttelettes émises par la toux et les éternuements.

L’étude du National Health Institute, que nous évoquions pour une autre question, évoque une persistance de trois heures « dans l’air » du pathogène son émission. Mais cette étude, très diffusée, est débattue par la communauté scientifique, et les auteurs eux-mêmes posent de grandes nuances. Le problème est avant tout méthodologique. L’étude se base sur une diffusion aérosol, au brumisateur. Ce sont des particules très fines qui sont émises, bien plus fines que les gouttelettes provoquées par une toux. Ces dernières retombent plus rapidement. Par ailleurs, si tant est qu’on admette qu’il y ait un risque de contamination par l’air du fait de cette étude, alors c’est dans un espace confiné par lequel un malade est passé il y a peu de temps, comme sa chambre, pas n’importe où à l’air libre !

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