Pour améliorer le système grâce auquel le robot RASSOR pourra récolter le régolithe lunaire, la Nasa appelle les inventeurs professionnels et en herbe à envoyer leurs propositions sous forme de modèles 3D.

La Nasa a lancé, depuis le 16 mars 2020, le RASSOR Bucket Drum Design Challenge. Si l’envie d’inventer est en vous, vous allez pouvoir aider l’agence à innover en postant des modèles 3D pour améliorer l’un de ses futurs robots. Les cinq meilleures propositions seront récompensées par une somme allant jusqu’à 7 000 dollars. Le but du défi : aider l’agence à creuser la surface lunaire.

Le concours est réalisé dans le cadre du programme Artémis, lequel se dessine un peu plus chaque semaine afin d’organiser une nouvelle ère dans l’exploration de la Lune. L’humanité va retourner sur son satellite naturel, dans les prochaines années, mais elle ne le fera pas seule. Elle sera accompagnée d’une myriade de robots, chargés de remplir toutes sortes de missions que les hommes et les femmes ne peuvent pas réaliser.

Parmi les robots ouvriers, on retrouvera des excavateurs. Ils seront assez proches des pelleteuses que l’on retrouve sur Terre, à la différence qu’ils devront collecter une matière très particulière : le régolithe lunaire. Il est très important, dans l’optique de futures colonies, d’apporter le moins de ressources possibles. Il faut donc utiliser les ressources in situ (sur place) pour certaines constructions. Justement, « régolithe » est le nom que l’on donne au sol lunaire. Mais ce n’est pas vraiment un « sol » tel que sur Terre. Les propriétés ne sont pas les mêmes.

Le robot minier RASSOR, qui sera destiné à excaver le régolithe lunaire. // Source : Nasa

Là où notre sol terrestre est le résultat d’un processus biologique, et composé de matière organique, ce n’est pas le cas pour la Lune. Le régolithe lunaire provient du bombardement de la Lune par des micrométéorites, par des particules chargées issues des vents solaires (des ions) ou issues du milieu interstellaire (des protons). Au fil des millions d’années, ce bombardement incessant est à l’origine d’une désintégration des roches (basalte, anorthosite…). Le régolithe lunaire ressemble donc à une forme de poussière résiduelle.

Si, sur Terre, vous pouvez marcher pied nus sur de la poussière, cela vous serait humainement impossible sur la Lune. Le régolithe lunaire est acéré comme du verre. En plus d’être très coupant, les astronautes ont relevé que, puisqu’il est composé de particules extrêmement fines, il s’infiltre très facilement partout.

Il faut aider RASSOR

Les ingénieurs de la Nasa ont développé un excavateur adapté à ces contraintes : RASSOR, pour Regolith Advanced Surface Systems Operations Robot. Les tests sont réalisés dans une simulation de surface lunaire, au laboratoire Kennedy, en Floride. Ce robot minier a été développé pour aboutir à une efficacité inédite dans la mission qui consiste à creuser, récupérer le régolithe lunaire, le stocker, puis l’apporter vers une destination pré-définie. Le robot doit obéir à une force de réaction égale à zéro afin de réussir à opérer dans des conditions de très faible gravité (l’idée est que la force provoquée par l’excavation ne projette pas le robot en arrière, il doit rester fixe et stable).

Les fameux cylindres de RASSOR qui lui permettent de collecter le régolithe. // Source : Nasa

La portion que l’agence spatiale américaine souhaite améliorer est son godet, une sorte de seau où le robot stocke le régolithe et le protège pendant son déplacement vers sa destination finale. À l’heure actuelle, ces godets sont placés aux extrémités du robot pour équilibrer les forces. Ils sont en forme de cylindre et creusent comme des roues, stockant le régolithe au fur et à mesure. La Nasa aimerait que RASSOR puisse stocker davantage de régolithe que dans sa version actuelle. L’idée est donc d’innover du côté des godets eux-mêmes, des déflecteurs (adhérence/stabilité des cylindres), ou encore de la tôle qui maintient le fin régolithe à l’intérieur.

Pour ce concours, l’agence utilise la plate-forme GrabCAD, où les inventeurs professionnels et en herbe peuvent poster les modèles 3D de leur proposition. « En tant que dépôt pour la conception assistée par ordinateur, la plateforme nous aide à atteindre les concepteurs professionnels, les ingénieurs, les fabricants et les étudiants en dehors de l’industrie spatiale qui peuvent avoir une idée qui pourrait profiter à la Nasa », commente l’ingénieur Jason Schuler sur le site de l’agence. Le concours n’est pas réservé aux Américains. Afin d’être éligible et de potentiellement remporter les sept mille dollars, il faut seulement être majeur dans le pays de résidence. Les infos détaillées sur la page du concours et dans le règlement. C’est jusqu’au 20 avril 2020.

Crédit photo de la une : Nasa

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