Les mesures écologiques visant à enrayer le changement climatique paraissent bien chères. Sauf qu'une nouvelle étude d'un institut allemand vient expliquer que ces mesures sont moins coûteuses que les désastres environnementaux.

Quand on pense aux actions visant à enrailler le changement climatique, on pense à de nouvelles politiques publiques, à de nouvelles technologies de dépollution, à l’installation d’éoliennes ou de panneaux solaires. Toutes ces mesures nous apparaissent très coûteuses. Pourtant, la finalité est inverse. Une étude réalisée par le Postdam Institute for Climate Impact Research, en Allemagne, et publiée fin janvier dans Nature, conclut qu’agir contre le changement climatique revient aussi à limiter de grandes pertes économiques.

Le changement climatique n’est pas qu’un enjeu scientifique. Ses conséquences peuvent avoir un impact social — envers les femmes par exemple — autant qu’un impact économique. Le Forum Économique Mondial a reconnu, mi-janvier 2020, pour la première fois de son histoire, toute une série de risques économiques liés au changement climatique. En clair, le FEM estimait qu’adopter des politiques en faveur de l’environnement réduisait ces risques économiques et pouvait même augmenter les gains futurs.

La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère atteint un nouveau record. // Source : Pexels (photo recadrée)

L’approche des scientifiques allemands, dans la nouvelle étude parue fin janvier, en arrive à des conclusions sensiblement similaires. Ils ont utilisé des simulations par ordinateur pour comparer les coûts des désastres environnementaux avec les coûts de mesures telles que la fin des émissions de gaz à effet de serre par l’élimination du charbon et du pétrole. C’est ainsi qu’ils ont trouvé que, mathématiquement, la deuxième solution est moins coûteuse.

Il faut rester sous le seuil de l’Accord de Paris

Les chercheurs allemands évoquent l’Accord de Paris : rester sous la barre des 2 degrés, objectif pour lequel les États parties prenantes ont signé, est la voie « optimale » d’un point de vue économique. « Il est remarquable de constater à quel point la limite de température de plus ou moins 2°C est solidement raisonnable, se distinguant dans presque toutes les courbes de coûts que nous avons produites », relève un coauteur de l’étude.

Pour la simulation informatique, l’équipe s’est appuyée sur le modèle DICE — Dynamic Integrated Climate-Economy — développé par le prix Nobel d’économie William Nordhaus. Ce modèle intègre l’économie globale, le cycle du carbone, le climat et ses impacts dans un modèle qui permet de peser les coûts et les avantages des mesures prises pour ralentir le réchauffement planétaire.

« Le monde n’a plus d’excuse pour justifier de rester assis à ne rien faire »

L’étude a donc permis aux chercheurs d’inclure les éventuelles pertes économiques provoquées par les désastres environnementaux — un facteur qui n’est presque jamais pris en compte. Les simulations, avec les projections qui en résultent, montrent que les politiques climatiques telles que, par exemple, le remplacement des centrales à charbon par des éoliennes et de l’énergie solaire, ou l’introduction d’un prix du carbone, ont un coût économique bien moindre que celui causé par de l’inaction environnementale.

Pour les auteurs de l’étude, le constat à en tirer est clair : le modèle industriel et commercial actuel n’est plus une option économique viable. « Le monde n’a plus d’excuse pour justifier de rester assis à ne rien faire — tous ceux qui disent que la stabilisation climatique serait positive, mais trop coûteuse, peuvent maintenant constater que c’est un réchauffement incontrôlé qui serait trop couteux. »

Crédit photo de la une : Pixabay

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