Le Forum Économique Mondial a reconnu cinq préoccupations environnementales qui présentent des risques économiques. Les experts estiment que les plus jeunes sont la solution de demain pour relier économie et environnement, et ainsi éviter les risques.

Le changement climatique est une réalité scientifique. Cette urgence est aussi synonyme d’un enjeu de société. La prise en compte du défi écologique se doit donc d’être politique autant qu’économique. L’économie mondiale, dans toutes ses strates, n’est pas détachable des problématiques environnementales. Le Forum Économique Mondial vient justement d’acter pour la première fois ce constat. Dans son rapport Global Risks Report 2020, diffusé ce 15 janvier, l’organisation décrit toute une série de risques économiques que pose l’urgence climatique. Elle propose des pistes pour y répondre.

Le Global Risks Report est construit sur les votes d’un groupe international composé de 750 experts et décideurs politiques. Ils sont consultés pour désigner ce qu’ils estiment être les sujets prioritaires du moment. Dans le communiqué du rapport 2020, la première affirmation n’est pas des plus optimistes : les experts prévoient « une année de conflits nationaux et internationaux accrus et de ralentissement économique. »

Le Forum Économique Mondial se tient chaque année et rassemble des chefs d’État, des chefs d’entreprise et des experts. Photographie prise à Bern, en Suisse. // Source : Ambassade des États-Unis à Bern

Le rapport exprime d’autant plus une inquiétude que ce contexte géopolitique pourrait entrer en contradiction avec «  des défis urgents comme la crise liée au réchauffement climatique, la perte de biodiversité et le déclin record des espèces ». À partir de ce bilan de situation, le Forum Économique Mondial dresse, pour la première fois de son histoire, une liste de préoccupations environnementales.

Les cinq préoccupations

Le rapport relève précisément cinq préoccupations, qui s’appliquent dès maintenant et aux dix prochaines années :

  • Les événements climatiques extrêmes entraînant des dommages importants aux biens immobiliers et aux infrastructures, et des pertes de vies humaines ;
  • La non-atténuation du changement climatique et la non-adaptation à celui-ci des gouvernements et entreprises ;
  • Les dommages et les catastrophes écologiques d’origine humaine, y compris les crimes environnementaux, comme les marées noires et la pollution radioactive ;
  • Une perte de biodiversité importante et l’effondrement des écosystèmes (terrestres ou marins) avec des conséquences irréversibles pour l’environnement, entraînant un appauvrissement majeur des ressources indispensables à l’humanité et aux industries ;
  • Les catastrophes naturelles majeures telles que les tremblements de terre.

Pour les experts du Forum Économique Mondial, il est nécessaire que les décideurs politiques et les chefs d’entreprise adaptent leurs choix économiques à ces enjeux écologiques. Le message est très clair : en l’absence de prise en compte de ces urgences liées au changement climatique, les pertes chiffrées seront conséquentes… tout comme, en parallèle, les défis écologiques deviendront encore plus difficiles à relever. En bref, nous avons tout à gagner à faire entrer ces préoccupations au cœur des moindres échelons de l’économie mondiale.

La solution à l’urgence climatique ? Les jeunes

Les rapports du Forum Économique Mondial ne sont pas contraignants et ne vont donc pas forcément entraîner des décisions concrètes immédiates. Pour autant, l’organisation possède une certaine influence, ses rapports sont reconnus aux yeux d’une bonne partie de la communauté internationale et du monde de l’entreprise.

L’organisation ne livre donc pas de mesures clé en main à adopter, mais elle indique des stratégies, voire des approches génériques, qu’il est préférable de suivre. Le communiqué suggère par exemple aux entreprises d’accroître la modélisation des risques climatiques grâce aux technologies actuelles, afin de les intégrer à leur politique globale de gestion des risques et aux plans d’activité.

Les plus jeunes n’hésitent pas à faire grève pour défendre leurs préoccupations environnementales. // Source : Lorie Shaull

Dans le rapport, l’organisation n’hésite pas à affirmer qu’à côté des risques cités, la décennie 2020 offre aussi une grande opportunité : les jeunes. Celles et ceux qui, aujourd’hui, se mobilisent dans les rues à travers un mouvement comme Youth for Climate, seront bientôt les électeurs, les travailleurs, les consommateurs majoritaires. « Au long terme, la mobilisation des jeunes pourrait conduire à un nouveau contrat social vert réorganisant la vie politique et économique », suggère le rapport.

Les jeunes iront vers les entreprises aux modèles écologiques les plus solides

Les experts du Forum Économique Mondial expriment plusieurs considérations intéressantes. Ils prospectent que les jeunes d’aujourd’hui chercheront des emplois compatibles avec leurs préoccupations en matière de changement climatique : ainsi, les entreprises qui se distinguent le moins dans un modèle écologique concret et efficace auront plus de mal à recruter les talents de demain. Ces mêmes jeunes répercuteront aussi leurs préoccupations dans leur vie quotidienne, leurs achats, ce qui aura tout autant un impact économique.

Autre enjeu soulevé par le rapport : la nécessité de multiplier les politiques publiques assurant des protections sociales et des formations professionnelles, afin de limiter le risque d’une exacerbation des inégalités socio-économiques dans la transition vers un monde zéro-carbone. En tout cas, pour le Forum Économique Mondial, cela ne fait pas de doute : «  Les dix prochaines années vont façonner les contours du risque climatique pour le reste du siècle. »

Crédit photo de la une : PxHere

Partager sur les réseaux sociaux