La comète interstellaire Borisov a été immortalisée par le télescope spatial Hubble. C'est l'image la plus nette obtenue à ce jour du prochain visiteur originaire de l'extérieur du système solaire.

La comète Borisov, le deuxième visiteur interstellaire après Oumuamua, a été immortalisé par le télescope spatial Hubble. La Nasa a présenté l’aperçu le plus « net » de cet objet céleste, obtenu à ce jour, le 16 octobre 2019. L’image a été capturée par Hubble le 12 octobre.

Grâce au télescope spatial, les scientifiques ont pu observer « une concentration centrale de poussière autour du noyau (qui est trop petit pour être vu par Hubble) » de la comète. Lorsque l’image a été prise, la comète se trouvait à plus de 400 millions de kilomètres de la Terre. Depuis le 24 septembre, l’objet céleste est officiellement nommé « 2I/Borisov ». Ce changement, opéré par le Centre des planètes mineures, atteste que la comète Borisov est officiellement le deuxième visiteur interstellaire connu.

La comète Borisov imagée par le télescope Hubble. // Source : NASA, ESA, J. DePasquale (STScI)

Une comète « normale »

Alors que l’origine du visiteur interstellaire Oumuamua reste mystérieuse deux ans après sa découverte (en octobre 2017), cette comète étonne moins la communauté scientifique. La comète Borisov est un visiteur interstellaire différent d’Oumuamua : sa nature de comète n’a fait que peu de doute. « Tandis qu’Oumuamua semblait être un rocher, Borisov est très active, comme une comète normale [ndlr : celles que nous observons dans le système solaire]. C’est un casse-tête de savoir pourquoi ces deux-là sont si différents », commente l’astronome David Jewitt de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et en charge de l’équipe d’Hubble qui a travaillé sur l’image de la comète, cité dans le communiqué de la Nasa.

Des scientifiques se sont déjà demandés d’où pourrait venir la comète interstellaire Borisov. Une hypothèse serait que l’objet provienne du système Kruger 60, à plus de 13 années-lumière de notre planète. Même si l’objet provient d’un autre système que le nôtre, peut-être très différent du système solaire, ses propriétés ressemblent beaucoup à celles que l’on connaît. C’est un constat important car les comètes peuvent donner de précieuses informations sur la formation du système solaire. Par analogie, la comète Borisov pourrait donc renseigner sur l’histoire du système extraterrestre dont elle est originaire.

D’autres observations à venir

La comète Borisov doit s’approcher au plus près du Soleil aux alentours du 7 décembre prochain. Elle sera alors à une distance d’environ 300 millions de kilomètres (à titre de comparaison, la distance entre la Terre et le Soleil, est de presque 150 millions de kilomètres). En 2020, la comète Borisov quittera le système solaire, pour continuer son voyage interstellaire.

Des observations sont déjà organisées jusqu’en janvier prochain. Le télescope Hubble devrait continuer à scruter la comète Borisov. Au fur et à mesure qu’elle s’approchera du Soleil, les scientifiques n’excluent pas que l’objet puisse s’avérer imprévisible et surprenant. Pour l’instant, il est presque banal : le gaz de la comète interstellaire Borisov, qui déjà été détecté, montre que le visiteur a une composition assez classique.

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