Des composés organiques ont été découverts dans les panaches d'eau glacée rejetés par Encelade. Leur analyse confirme les chances que la lune de Saturne contienne la vie.

La mission de la sonde Cassini était d’explorer plus en profondeur les mystères du système saturnien. Bien qu’elle se soit terminée en 2017, les données collectées continuent à faire émerger de nouvelles découvertes. Dans un communiqué publié ce 3 octobre 2019, l’agence spatiale révèle la présence de composants organiques déterminants dans l’océan d’Encelade, une lune de Saturne.

Encelade est un satellite étrange, qui n’en finit pas de surprendre les astronomes à chaque découverte sur sa géologie. Sous la croûte de glace qui recouvre cette lune se cache un océan liquide. Il est encore difficile de savoir avec certitude ce qui empêche l’eau de geler, mais la chaleur vient probablement du noyau et de cheminées hydrothermales. Le mystère ne s’arrête pas là : des geysers sont émis par le satellite via des failles, à son pôle Sud, projetant de l’eau dans l’espace, sous forme de particules de glace.

Image d’Encelade, lune de Saturne, prise par la sonde Cassini. // Source : NASA/JPL-Caltech

Du fait de ces conditions, les astrobiologistes sont de plus en plus persuadés qu’Encelade pourrait éventuellement contenir de la vie, la chaleur et l’eau étant réunis. Un troisième élément nécessaire pourrait bien être confirmé : les composés organiques récemment découverts contiennent de l’azote et de l’oxygène. Ces ingrédients sont source de vie : sur Terre, leur réaction chimique produit des acides aminés, qui permettent l’existence de protéines essentielles à la vie.

Le même scénario que sur Terre ?

« Si les conditions sont les bonnes, ces molécules provenant des profondeurs de l’océan d’Encelade pourraient générer la même réaction que celle sur Terre », indique l’astronome Nozair Khawaja, qui dirige cette étude. Des molécules organiques complexes avaient déjà été découvertes, en 2018, mais elles étaient insolubles. Celles récemment découvertes changent tout : elles étaient dissoutes dans l’eau, ce qui signifie qu’elles peuvent être soumises au processus hydrothermal permettant la formation d’acides aminés.

Vue d’artiste de la sonde Cassini passant au travers des panaches d’eau glacée rejetés par Encelade. // Source : NASA/JPL-Caltech

C’est effectivement grâce à un processus hydrothermal que la vie est née sur Terre : dans les tréfonds de l’océan, la chaleur volcanique a enrichi l’eau en hydrogène, alimentant la réaction chimique de production d’acides aminés. Les protéines peuvent exister grâce à cela, or ce sont elles qui contiennent les informations génétiques de la vie.

L’émergence de la vie sur Terre était possible grâce à ces ingrédients et sans la lumière du soleil, puisqu’au fond de l’océan. Or, sur Encelade, tout se fait dans l’obscurité, puisque la surface glacée réfléchit la lumière du Soleil. Si le scénario terrestre est applicable ailleurs, alors les chances sont grandes qu’Encelade contienne une vie microbienne par la combinaison d’un océan chaud et des composés organiques qui y sont dissouts. 

Ces conclusions sont « un autre feu vert dans l’enquête sur l’habitabilité d’Encelade », se réjouit l’un des co-auteurs de l’étude, dans le communiqué. Encelade n’est pas la seule lune glacée de Saturne à attirer l’attention sur ce sujet. La Nasa a récemment validé la mission Europa Clipper, visant à explorer le satellite Europe qui, lui aussi, pourrait bien contenir la vie.

Crédit photo de la une : Kevin Gill from Nashua, NH, United States

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