La NASA a officialisé la mission Europa Clipper. Objectif : envoyer une sonde en orbite autour d'Europe, un satellite de Jupiter, pour observer en détail s'il existe des conditions qui sont favorables à l'émergence de la vie.

La vie existe-t-elle ailleurs dans le Système solaire que sur Terre ? Si c’est le cas, c’est sans doute du côté d’Europe, l’un des nombreux satellites de Jupiter, qu’il faut regarder. Ça tombe bien : la NASA a confirmé le 19 août qu’elle lancera bien une mission spatiale vers cette lune vers 2025. Pas question toutefois de s’y poser : la sonde ne fera que survoler Europe.

Mais même en restant à distance, l’agence spatiale américaine escompte bien recueillir des informations très éclairantes sur l’hypothèse que le satellite abrite des organismes vivants : « La mission permettra de conduire une exploration approfondie d’Europe et examinera si la lune glacée pourrait abriter des conditions propices à la vie, affinant ainsi nos connaissances en astrobiologie ».

La lune glacée Europe, satellite de Jupiter. // Source : WolfmanSF

Si la surface d’Europe est gelée, sous la surface stérile se cacherait un océan gigantesque de plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur. Or, on sait que sur Terre, la vie a pu voir le jour y compris dans des conditions particulièrement défavorables, y compris au fond des mers. C’est pour cela d’ailleurs que la NASA réfléchit aussi à des sous-marins autonomes — mais avant cela, il faudra forer la couche de glace.

Dans un premier temps, l’agence doit achever la construction de la sonde spatiale, qui se nommera Europa Clipper. La NASA, qui a déjà des concepts dans ses cartons (y compris avec un atterrisseur), se fixe comme échéance 2023, soit deux ans avant le décollage de la fusée qui enverra la sonde dans l’espace. Ensuite, il y aura le voyage à proprement parler, qui durera quelques années. À titre de comparaison, la sonde Juno, qui orbite autour de Jupiter, a mis cinq ans pour atteindre la géante gazeuse.

À plus long terme, le projet d’un atterrisseur ?

Et ensuite ? Selon la récolte scientifique que permettra Europa Clipper, la NASA pourrait envisager une autre mission qui consisterait cette fois à se poser sur la lune glacée. Mais ce ne sera pas une partie de plaisir : sur place, l’atterrisseur fera face à un hiver implacable : en moyenne, les températures se situent à -160 °C vers l’équateur et -220 °C au niveau des pôles.

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Le froid extrême est un défi pour l’ingénierie spatiale. // Source : NASA/JPL-Caltech

Un défi dont les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory, la coentreprise entre la NASA et l’institut de technologie de Californie, ont conscience. C’est pour cela qu’ils s’intéressent à d’autres matériaux, comme le verre métallique.  « Être capable de faire fonctionner des équipements à des températures aussi basses […] changera la donne pour les chercheurs. L’énergie n’aura plus besoin d’être prise des instruments scientifiques pour réchauffer [le rover]  », préservant ainsi la batterie.

Tous ces défis d’ingénierie, quoique passionnants et cruciaux, ne sont toutefois pas encore la priorité de la NASA. La mission Europa Clipper se contentera de faire ses observations à bonne distance. Et pour éviter tout risque de contamination du satellite, il est même prévu de sortir la sonde de son orbite et la projeter à la surface d’une autre lune qui ne présente aucune problématique particulière.

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