Le virus Ebola a tué près de 1 800 personnes en République Démocratique du Congo, depuis un an. Deux traitements expérimentaux viennent de faire leurs preuves en atteignant une efficacité jamais vue.

C’est une invention médicale qui va pouvoir sauver de nombreuses vies dès maintenant. Deux traitements contre le virus Ebola ont abouti à des résultats plus que prometteurs, selon un rapport officiel du National Institues of Health (NIH), l’institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIH).

Cette avancée s’inscrit dans le cadre d’une urgence sanitaire. Ebola sévit depuis un an en République Démocratique du Congo. Sur 2 800 personnes infectées, le virus a causé près de 1 800 décès. Pour trouver une solution contre l’épidémie, il faut déjà trouver un vaccin, ce qui est en bonne voie. Mais il faut aussi pouvoir freiner la contamination, et donc soigner les victimes déjà malades.

Photo prise durant une étude sur un potentiel vaccin contre Ebola en 2017. // Source : Flickr/CC/Niaid

Quatre médicaments expérimentaux ont été testés simultanément dans certains centres médicaux du pays, depuis novembre 2018. Il n’existait pas, jusqu’à maintenant, de traitement véritablement efficace contre l’agent infectieux. Depuis plusieurs années, ZMapp et Remdesivir sont utilisés, mais l’efficacité de ces deux médicaments est considérée comme largement insuffisante.

Une réduction drastique du taux de mortalité

Deux des médicaments expérimentaux récemment testés ont fait leurs preuves en réduisant drastiquement le taux de mortalité : REGN-EB3 et mAb114. Selon l’autorité sanitaire américaine, le premier fait tomber le taux de mortalité à 29 %, et le second à 34 %, ce qui est donc beaucoup plus efficace que ZMapp qui ne réduisait ce taux qu’à 49 %.

La phase de test a été interrompue plus tôt que prévu tant les résultats sont positifs. Dans les centres de traitement, ce sont donc dorénavant REGN-EB3 et mAb114 qui vont être utilisés, tandis que ZMapp et Remdesivir vont être progressivement abandonnés. Réduire le taux de mortalité va permettre de freiner l’épidémie, non seulement en sauvant des vies, mais aussi en convainquant les malades se rendre dans les centres médicaux.

La volonté d’aller se soigner n’était pas systématique. « Les gens pensent que si vous entrez dans un centre de traitement, vous allez en ressortir sur un brancard », déplore Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut de recherche biomédicale congolais, cité par ScienceMag. De meilleurs traitements vont donner davantage envie de se rendre dans les hôpitaux, ce qui participera à stopper le processus de contamination par transmission.

Contrecarrer l’adaptabilité du virus

Contrairement à d’autres virus, Ebola est particulièrement résistant, car en plus d’être corpulent, il a la capacité de changer de forme pour s’adapter aux anticorps qui s’attaquent à lui. Pour un traitement efficace, il faut donc un cocktail dynamique : c’est le cas de REGN-EB3. Ce médicament combine trois anticorps monoclonaux générés dans des souris, dans le but de réduire le développement des séquences virales qui mènent à la résistance du virus.

Le virus Ebola au microscope électronique, avec un grossissement de 20 000. // Source : BernbaumJG

Le traitement mAb114, créé par le NIH, répond quant à lui à une autre approche : le prélèvement chez les survivants de l’ADN des globules blancs qui produisent des anticorps. Grâce à ce sérum, le corps de la victime reçoit des instructions génétiques pour produire des anticorps qui ont déjà faire leur preuve contre le virus. En l’occurrence, mAb114 est basé sur du sang prélevé d’un survivant d’une épidémie survenue en 1995 à Kikwit.

Il faut relever que REGN-EB3, développé par la société Regeneron Pharmaceutics, n’a pas encore été entièrement évalué par les autorités de régulation. Mais son utilisation est malgré tout autorisée par l’application du protocole « Monitored Emergency Use of Unregistered and Investigational Interventions », développé par l’Organisation Mondiale de la Santé et qui autorise l’utilisation de médicaments expérimentaux en cas d’urgence sanitaire absolue.

Crédit photo de la une : NIAID

Partager sur les réseaux sociaux