Le rover de la mission Mars 2020 aura besoin de roues pour se déplacer. Justement, la NASA vient de les monter sur l'engin.

Qu’est-ce qui caractérise un astromobile ? Sa capacité à se déplacer, pardi ! Justement, le rover qui est au cœur de la mission Mars 2020 vient enfin de recevoir les éléments indispensables à toute exploration martienne au sol : les roues. Jeudi 20 juin, la NASA a annoncé avoir achevé cette partie de l’assemblage (qu’il est possible de suivre en direct), avec la pose des six roues.

Désormais, le rover ressemble à un vrai rover. Seul bémol : la NASA prévient qu’il ne s’agira pas des roues qui feront le voyage sur la planète rouge. Elles seront remplacées au cours de l’an prochain par le même modèle.

Le 4×4 martien prend forme

À cette occasion, l’agence spatiale américaine a donné un coup de projecteur sur ces pièces mécaniques. Construites en aluminium, elles ont été sculptées pour améliorer la traction du véhicule, quel que soit le type de terrain (roche dure ou zone sableuse). Ces bandes qui traversent le sommet de la roue agissent comme des crampons pour bien accrocher le sol. Il y en a 48 autour de chaque roue.

Chaque roue est par ailleurs dotée de son propre moteur — de sorte qu’une défaillance sur l’un ne pénalise pas trop la capacité de l’astromobile à se mouvoir. Les roues à l’avant et à l’arrière sont également dotées par de moteurs de direction individuels, offrant au rover la capacité de pivoter sur 360 degrés. Les roues mesurent 20,7 pouces de diamètre, soit 52,5 centimètres.

rover 2020 roues montage
Le montage des roues. // Source : NASA/JPL-Caltech

Quant aux espèces d’essieu qui relient les roues au reste de l’engin, ce sont des tubes en titane — un matériau à la fois léger et résistant, qui n’est guère affecté par la corrosion. En principe, le rover est capable de parcourir des terrains inclinés jusqu’à 45° dans toutes les directions sans se renverser, mais les conducteurs éviteront de challenger le rover : toute pente ou côte de plus de 30° sera contournée.

Comme un vrai véhicule tout terrain, le rover est présenté comme étant capable de rouler sur des rochers d’un certain gabarit et de franchir des crevasses de la taille de ses roues. Son système de suspension lui permet de traverser des terrains accidentés en maintenant une certaine stabilité d’ensemble et une bonne répartition de la masse sur l’ensemble des roues.

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On peut bosser sur un projet à 2,5 milliards de dollars, mais rester détendu. // Source : NASA/JPL-Caltech

Mission : Mars 2020

Le décollage de la mission Mars 2020 de la NASA est prévu pour juillet 2020. Mais ce n’est qu’en 2021 que l’atterrissage aura lieu, dans un cratère de 50 km de diamètre dont la composition géologique est très diverse. Objectif : tenter de déceler des traces de vie — ou plutôt, des molécules organiques. Il est aussi prévu d’organiser un retour d’échantillons, mais dans plusieurs années.

Outre une sonde spatiale et un rover, Mars 2020 se caractérise par la décision d’envoyer un drone hélicoptère. Ce sera une première et un sacré défi, car l’atmosphère est cent fois moins dense que sur Terre. Selon la NASA, c’est comme vouloir faire élever un drone à 30 km d’altitude sur Terre, alors que le record d’altitude d’un hélicoptère sur Terre est d’un peu plus de 12 km.

Si la mission est financée et opérée par la NASA, une petite contribution de l’Europe est à noter : trois composants sont en effet fournis par les Européens. les capteurs météorologiques Meda (Espagne), l’antenne Rimfax (Norvège) et SuperCam (France). Ce dernier instrument, conçu par des universités, le CNRS et le CNES, regroupe une caméra, un laser et des spectromètres.

À lire sur Numerama : La mission Mars 2020 s’appuiera sur un nombre record de caméras

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