La taupe ouvrant la voie pour le capteur de flux thermique HP3 de la mission InSight a probablement buté sur un ou plusieurs cailloux.

L’exploration martienne n’est pas un long fleuve tranquille. La mission InSight qui doit « écouter le cœur de Mars » grâce à un sismomètre de conception française a connu dans les semaines qui ont suivi son déploiement sur la planète rouge quelques soucis pour la pose du dôme de protection. Ces derniers jours, c’est l’installation d’un autre instrument scientifique qui rencontre des difficultés.

Il s’agit du capteur de flux thermique HP3, acronyme anglais de Heat Flow and Physical Properties Package (ensemble instrumental flux de chaleur et propriétés physiques). Élaboré par l’Agence spatiale allemande DLR et Institut de planétologie de Berlin, il a pour rôle de mesurer les variations de température provenant des entrailles de Mars. Pour cela, ce thermomètre high tech doit être enfoncé dans le sol.

taupe hp3
La taupe destinée au forage. // Source : DLR

Un caillou sur le chemin ?

En principe, il est prévu de l’enfoncer à une profondeur de cinq mètres grâce à une taupe spéciale. Le problème, explique la NASA dans un point d’étape du 5 mars, c’est que le chemin emprunté par l’engin est de toute évidence semé d’embûches : une pause dans le forage a été décidée parce la pointe de l’engin a peut-être cogné un ou plusieurs cailloux dans le sous-sol.

HP3 photo InSight
La mise en place de l’instrument sur Mars. // Source : NASA/JPL-Caltech/DLR

« L’équipe avait espéré qu’il y aurait relativement peu de roches sous terre, étant donné le peu de roches qui apparaissent à la surface à côté de l’atterrisseur. Malgré tout, la taupe a été conçue pour repousser ou contourner les petites pierres », rappelle l’Agence spatiale américaine, qui pilote la mission InSight. Cependant, il y a un risque pour la pointe de la taupe si l’on tente de forcer le passage.

InSight temporise

La solidité de l’appareil « est limitée », reconnait Tilman Spohn, le responsable de HP3 au sein du DLR. Certes, il ne risque peut-être pas de se casser, mais il pourrait s’émousser à force de cogner sur les obstacles qui bloquent le passage. Aussi a-t-il été décidé de jouer la carte de la sécurité et d’observer quelques jours de pause avant de déterminer quelles suites il convient de donner aux opérations de forage.

« L’équipe veut jouer la sécurité et obtenir toutes les preuves qui pourraient devenir disponibles, y compris les données sismiques, pour voir comment nous pouvons aider la taupe à surmonter l’obstacle (ou à traverser une éventuelle couche de gravier). Une fois que nous aurons toutes les données, nous déciderons de la meilleure façon de procéder », écrit ainsi Tilman Spohn.

Car de la profondeur atteinte par HP3 dépendent des travaux scientifiques.

Certes, les équipes d’ingénierie se doutaient que la taupe n’attendrait pas forcément la profondeur des cinq mètres — qui est idéale pour l’instrument –, mais elles ne s’attendaient sans doute pas non plus à ce qu’elle soit confrontée une difficulté aussi vite : la taupe n’est en effet sortie qu’aux trois quarts de son logement avant de buter sur un obstacle.

Tilman Spohn
Tilman Spohn. // Source : Bill Ingalls

Crédit photo de la une : DLR

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